Affichage des articles dont le libellé est France-Russie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est France-Russie. Afficher tous les articles

samedi 31 mai 2008

Retrouvailles - Poutine rencontre son « ami » Chirac

Au second jour de sa visite en France, Vladimir Poutine a reçu son « ami » Jacques Chirac dans sa suite de l’hôtel Bristol.

Le Premier ministre s’est félicité que les relations entre la Russie et la France « se développent très bien » et a remercié l’ex-président français du « socle » qu’il a créé pour cela. « Mon estime tient à la remarquable conduite que tu as eue des affaires de la Russie.

Ces dix années ont été incontestablement de grandes années pour la Russie. Je tiens à rendre hommage à ton action, » a poursuivi l’ancien président, qui effectuait son premier déplacement à l’étranger depuis sa nomination à la tête du gouvernement.

A cette occasion, Vladimir Poutine à affirmé Jacques Chirac qu’il était « attendu » le 12 juin à Moscou pour « une cérémonie très solennelle », au cours de laquelle l’ancien président français se verra remettre le Prix d’Etat, distinction la plus élevée en Russie, une remise de décoration qui « traduit toute l’importance que nous accordons à ton action dans le domaine de la coopération franco-russe ».

Le nouveau Premier ministre russe s’est ensuite rendu au domicile d’un autre « ami », l’écrivain Maurice Druon, 90 ans, membre de l’Académie française et auteur notamment des Rois Maudits.

France Soir, le samedi 31 mai 2008 à 04:00
http://www.francesoir.fr/politique/2008/05/31/retrouvailles-poutine-rencontre-son-ami-chirac.html

jeudi 29 mai 2008

Le premier ministre Poutine en «visite présidentielle» à Paris


Le nouveau chef du gouvernement, en visite en France pour son premier déplacement à l'étranger, garde les rênes du pouvoir.

Vladimir Poutine a choisi Paris pour sa première grande visite à l'étranger en sa nouvelle qualité de chef du gouvernement. Accompagné de plusieurs ministres et de chefs d'entreprise, il rencontrera jeudi son homologue François Fillon avant de dîner avec le chef de l'État Nicolas Sarkozy. Ce rendez-vous vespéral à l'Élysée alimente les commentaires sur le tandem inédit Medvedev-Poutine qui dirige la Russie depuis trois semaines.

«Il ne faut pas tirer de ce dîner des conclusions sur l'équilibre du pouvoir russe, tempère un diplomate français, Poutine répond à l'invitation lancée par Sarkozy en septembre à Moscou» . Dans les deux capitales, on en tire néanmoins. «En principe, le président conduit la politique extérieure, rappelle Alexeï Venediktov, le rédacteur en chef de la radio Echo de Moscou, Mais Poutine veut garder une relation privilégiée avec les dirigeants du G8. Il a téléphoné au président Bush et le rencontrera pendant les JO de Pékin». «La période est cruciale pour la relation Union européenne-Russie», poursuit ce fin connaisseur des relations franco-russes. L'UE et la Russie doivent lancer le mois prochain, à la veille de la présidence française, les négociations, bloquées depuis près de deux ans par la Pologne puis la Lituanie, pour établir un nouveau partenariat stratégique. «Or, la question énergétique, au cœur de la relation UE-Russie, reste sous la responsabilité de Poutine», assure Venediktov.

«Pour nous, le chef c'est toujours Poutine», confiait récemment à l'AFP un haut responsable européen en visite à Moscou. Confirmation dans l'entourage de Bernard Kouchner qui a rencontré la semaine dernière le nouveau président russe : «Medvedev n'a même pas essayé de passer pour le patron.»

Le fait que Poutine garde les rênes ne gêne en rien les rapports bilatéraux. Alexeï Venediktov va jusqu'à qualifier la relation de Poutine avec Sarkozy (qui ne se sont vus que deux fois) d'«encore plus chaleureuse qu'avec Chirac». Au Kremlin, on apprécie quand Sarkozy qualifie de «parfaitement légitimes» les élections législatives russes de décembre. Et on boit du petit-lait lorsque Bernard Kouchner félicite Medvedev d'avoir été «magnifiquement élu».

Au Kremlin, les questions qui fâchent

En dépit de cette bonne entente, même si les échanges commerciaux (16,27 milliards de dollars en 2007) ont triplé en quatre ans, la France n'est que le huitième partenaire commercial de la Russie. La visite du premier ministre Poutine, accompagné du chef de l'agence atomique Rosatom ou encore des patrons de la banque publique VTB (actionnaire d'EADS) et d'Avtovaz (nouveau partenaire de Renault) vise à donner davantage d'ampleur à cette coopération. Rosatom est par exemple demandeur d'un partenariat avec Areva qui dépasserait les opérations conjointes actuelles. Nicolas Sarkozy avait évoqué favorablement un tel accord sur le nucléaire lors de sa visite à Moscou.

Vladimir Poutine va axer désormais ses visites à l'étranger sur l'économie, laissant les questions qui fâchent à son successeur au Kremlin, écrivait mardi Konstantin Simonov, directeur du fonds de la sécurité énergétique nationale dans le quotidien économique Vedomosti. Lorsqu'on lui posera des questions sur les droits de l'homme, «il pourra dire qu'il ne s'occupe pas de politique, que c'est du ressort du président» .

On peut raisonnablement douter que Poutine se cantonne à l'intendance, fût-elle stratégique (énergie et ventes d'armes) : il est prévu, selon une source française, qu'il évoque ce soir l'élargissement de l'Otan, sujet politique par excellence. Son porte-parole Dmitri Peskov résume bien la nouvelle situation : «Il y a certes des petites différences de protocole, mais pas pour le contenu, qu'il soit premier ministre ou président.»

Le Figaro

De notre correspondant à Moscou Fabrice Nodé-Langlois
28/05/2008 | Mise à jour : 21:45 |

http://www.lefigaro.fr/international/2008/05/29/01003-20080529ARTFIG00006-le-premier-ministre-poutine-en-visite-presidentielle-a-paris.php


samedi 24 mai 2008

La diplomatie du sourire selon Dmitri Medvedev


Il sourit à Bernard Kouchner, puis s’envole pour la Chine. Jure des liens indissociables avec le Kazakhstan, et signe ses premiers contrats à Pékin (1 milliard de dollars - 0,63 milliard d’euros - pour le programme nucléaire chinois)… Le nouveau président russe, Dmitri Medvedev, est en train de faire des débuts assez subtils sur la scène diplomatique. Le ministre français des Affaires étrangères, qui lui a rendu une courte visite au Kremlin mercredi, est ressorti très impressionné par le personnage. «C’est rafraîchissant et même extrêmement troublant de voir ce jeune type frêle de 40 ans dans les palais du Kremlin, entendait-on au sein de la délégation française, au sortir de l’entrevue. Au début, on se dit qu’il est déplacé, mais on voit que c’est un malin ! C’est l’homme d’une nouvelle génération. Il est certainement plus pro-occidental que Poutine.»
«Très prudent». Quand Poutine jouait volontiers au «petit dur», Medvedev ne cherche pas pour l’instant à se hausser du col, ont apprécié les diplomates français qui accompagnaient Kouchner. Selon eux, «le vrai patron» de la Russie reste encore Poutine, qui sera d’ailleurs reçu jeudi à Paris. «Medvedev attend son heure, il est encore très prudent, reprend un diplomate français. Mais il a bien compris que la Russie doit ouvrir une nouvelle page.» Le style Medvedev est plus souriant, mais cela ne veut pas dire que la politique russe sera plus conciliante, libérale ou pro-occidentale, nuancent les analystes russes. «L’Occident voudrait tant faire de Medvedev un libéral, s’amuse Alexeï Pouchkov, journaliste de la télévision publique. Mais mes contacts directs avec Poutine m’ont montré qu’il était lui-même un homme ouvert. Medvedev me semble au contraire plus réservé.» Si Medvedev effectue aujourd’hui ses premières visites diplomatiques au Kazakhstan et en Chine, c’est aussi parce que les mains tendues de Poutine vers l’Occident n’ont pas toujours été payées de retour, plaide cet analyste, rappelant tout ce qui agace actuellement Moscou : le projet américain de bouclier antimissile en Europe, les candidatures de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan… «Moscou fait comprendre que si l’Occident insiste sur ces positions, inacceptables pour la Russie, celle-ci a d’autres alternatives», résume Alexeï Pouchkov. Pourquoi attendre un changement à Moscou, alors que «les problèmes restent les mêmes», plaide également Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in global affairs. Si Medvedev se rend en Chine, c’est aussi que le centre de gravité de la planète est en train de se déplacer vers l’Orient. «Pendant les huit années de présidence Poutine, le rôle de la Chine dans le monde a considérablement augmenté, souligne Fiodor Loukianov. Et la Russie a encore du mal à définir sa politique dans la région du Pacifique, elle y a accordé trop peu d’attention.»
Pétrole. Tandis que Dmitri Medvedev souriait de toutes ses dents cette semaine à ses visiteurs occidentaux, ses services secrets, le FSB, poursuivaient l’offensive contre le groupe pétrolier British Petroleum (BP). Le FSB a fait une nouvelle descente cette semaine dans les bureaux moscovites du groupe BP, actuellement sous forte pression pour rendre ses parts dans un important gisement russe. L’offensive est typique des années Poutine. Elle rappelle notamment comment les dirigeants russes se sont réappropriés les gisements de Ioukos, et elle sert aussi un autre objectif central de la diplomatie russe : contribuer à la flambée des prix des hydrocarbures.
De notre correspondante à Moscou LORRAINE MILLOT
QUOTIDIEN : samedi 24 mai 2008
Libération

lundi 19 novembre 2007

LA BATAILLE DE STALINGRAD ET LA FRANCE


Et maintenant nos éphémérides. Le 19 novembre 1942 est une date qui marqua l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Ce jour-là, il y a juste 65 ans, les troupes soviétiques lancèrent une large opération offensive dans la région de la ville de Stalingrad, sur la Volga, assiégée par la 6e armée de l’Allemagne hitlérienne. Et déjà le 23 novembre près de Stalingrad furent encerclées et puis défaites 22 divisions des fascistes allemands. A ce propos notre observateur Valentin Dvinine écrit.
Parmi les divisions hitlériennes, décimées devant Stalingrad, trois avaient occupé en juin 1940 Paris et marché sur les Champs Elysées.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, déclenchée par l’Allemagne nazie, le sort de la France occupée fut partagé par la plupart des pays européens. Lorsque, après s’être emparé des ressources de presque toute l’Europe de l’Ouest, Hitler agressa en juin 1941 l’Union Soviétique, nos armées furent également obligées de se replier au fond du pays. Mais sur la Volga, la machine militaire de l’agresseur fut arrêtée.
Dans la bataille de Stalingrad, qui dura de juin 1942 à février 1943, les hitlériens perdirent en tués, blessés et faits prisonniers près d’un million et demi d’hommes, soit le quart des effectifs opérant sur le front germano-soviétique. Stalingrad marqua un tournant non seulement dans la guerre nationale de notre peuple contre les fascistes allemands, mais aussi dans la Seconde Guerre Mondiale, en infléchissant toute sa marche en faveur de la coalition anti-hitlérienne.
Quand j’étais jeune, poursuit Valentin Dvinine, je travaillais à Paris comme correspondant de Radio-Moscou. Au printemps 1960, j’eus à couvrir la visite en France du leader soviétique Nikita Khrouchtchev. Dijon, jumelée à Volgograd (nouveau nom de Stalingrad) fut parmi les villes françaises qu’il visita. Le chanoine Kir, qui était alors maire de Dijon, remit à Khrouchtchev un message, dans lequel il écrivait à propos de la bataille de Stalingrad, ayant définitivement stoppé l’agresseur : « Si l’armée russe n’avait pas obligé l’adversaire à reculer, nous, les Français, aurions encore été sous la domination étrangère. C’est pourquoi, chaque anniversaire de la Victoire voit le drapeau russe flotter sur notre Mairie à côté du drapeau français ».
Le général de Gaulle attachait une grande importance à la bataille de Stalingrad. En décembre 1944, encore avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il vint à Moscou pour signer au nom du Gouvernement Provisoire français un Traité d’amitié et d’assistance mutuelle avec l’URSS. Après la signature, il jugea nécessaire de se rendre à Stalingrad, où il remit à ses habitants une plaque commémorative portant cette inscription : « A Stalingrad, la France reconnaissante ».
La nouvelle de la débâcle des troupes hitlériennes sur la Volga en février 1943, poursuit notre observateur, dynamisa la Résistance dans les pays européens, occupés par les nazis, y compris en France, qui ne comptait jusque là que des groupes peu nombreux et dispersés de patriotes. A partir de la fin de 1942 et surtout en 1943 la Résistance française connut une étape nouvelle : elle devint beaucoup plus représentative. Malgré la différence des opinions politiques, les forces patriotiques comencèrent à s’unir et à passer à de véritables opérations de combat contre les occupants hitlériens.
Au début de 1943 trois organisations de maquisards français opérant dans le Sud du pays, s’unirent pour former le Mouvement de libération nationale. Et en mai de cette même année le Conseil national de la Résistance rassembla outre les organisations de partisans comme « Libération », « Combat » et « Francs-Tireurs », les partis politiques travaillant en clandestinité – communiste, socialiste, radical et d’autres. Malgré la pénurie d’armements, la coordination des actions permit aux détachements du Mouvement de la Résistance de créer dans certaines régions, notamment, en Dordogne, des zones entières échappant au contrôle des nazis et de leurs complices vichyssois.
Grâce à leurs actions concertées, les Résistants infligeaient aux occupants des pertes toujours plus sensibles. En février 1944, le commandement allemand communiqua à Berlin que de 70 à 90 attentats étaient commis tous les 10 jours contre les forces armées allemandes. Vers la mi-juillet, les opérations des partisans devinrent massives dans 40 départements français. Lorsque les troupes américaines et les unités de la 1re armée française sous le commandement du général Delattre de Tassigny débarquèrent le 15 août 1944 sur le littoral méridional de la France, de nombreuses villes de cette partie du pays étaient déjà libérées par les partisans. Le Mouvement de la Résistance joua aussi un rôle décisif dans la libération de la capitale française.
Il n’existe certainement pas de rapport direct entre ces opérations des patriotes français contre les occupants nazis et la bataille de Stalingrad, écrit pour conclure Valentin Dvinine. Mais il est incontestable que la débâcle des hitlériens devant Stalingrad impulsa grandement le mouvement de la Résistance en France. Ce n’est pas par hasard que des rues Stalingrad firent leur apparition dans des dizaines de villes françaises. A Paris, ce nom portent une place et une station de métro qui s’y trouve.
C’était …


La Voix de la Russie
19.11.2007

MOSCOU ET PARIS RENFORCENT L’AXE DU PARTENARIAT RUSSIE-UE

Moscou et Paris ont l’intention de renforcer l’axe du partenariat Russie-UE et d’intensifier le dialogue. Telle est le bilan principal de la visite officielle du Premier ministre russe Victor Zoubkov en France. Notre observateur Constantin Garibov a suivi de près le déroulement des entretiens russo-français.
La France est le partenaire principal de Russie dans l’Union Européenne. Les rapports bilatéraux ne sont pas concernés par les différends entre Moscou et Bruxelles. En même temps, les relations stables et confiantes entre les peuples russe et français contribue au renforcement du dialogue russo-européen. La France assurera la présidence au sein de l’UE au cours du deuxième semestre 2008. Victor Zoubkov a souligné ce fait et s’est dit certain que les relations entre la Russie et l’UE allaient acquérir de nouvelles facettes pendant cette période. Les entretiens à Paris, c’est un pas dans cette direction, trouve le premier ministre russe.
Nous avons noté une possibilité d’approfondir notre coopération dans la politique européenne et mondiale, y compris pour ce qui est du partenariat Russie-UE. Il s’agit, avant tout, de formation d’espace commun en économie, en sécurité, en droit, en sciences et culture.
Moscou et Paris sont prêts à donner aux autres pays européens un exemple de coopération fructueuse, pour qu’ils dynamisent à leur tour des liens avec le Russie et choisissent des domaines d’intérêts communs :

Nous avons prêté une attention particulière aux perspectives de coopération dans les branches des hautes technologies. Je parle de l'aérospatial, de l'énergie, y compris de l'énergétique nucléaire, des télécommunications et du transport, a déclaré Victor Zoubkov.
Moscou apprécie beaucoup le rôle de Paris dans la politique européenne et la solution des tâches globales. Voilà pourquoi la déclaration de Nicolas Sarkozy sur son désir d’établir un partenariat stable avec la Russie est un argument complémentaire en faveur du renforcement de la coordination des positions des deux pays dans l’arène mondiale. Nicolas Sarkozy a souligné son intention d’entretenir des relations de confiance, d’amitié et d’interaction avec le président de Russie Vladimir Poutine. Lors de sa récente visite à Moscou, le président français a fait comprendre que les liens étroits avec les Etats-Unis ne porteraient pas préjudice aux relations avec la Russie. Cette fois, le président français a évoqué de façon plus nette et claire les priorités en matière de politique étrangère ce qui est un succès du dialogue russo-français.

La Voix de la Russie
19.11.2007

Le duo interparlementaire Russie-France, alternative à la cacophonie européenne


Par Nadejda Ouzounova, RIA Novosti

Une session parlementaire se tient actuellement en France. Pendant cette période, il est difficile d'obtenir l'autorisation du bureau du Sénat de se rendre à Moscou. Mais j'ai réussi à obtenir cette autorisation, parce que la Russie c'est la Russie, elle mérite une attitude particulière, a déclaré le sénateur Patrice Gélard, président du groupe d'amitié France-Russie du Sénat français, dans le discours qu'il a prononcé lors de la rencontre annuelle du groupe de contact entre les parlementaires russes et français.

Durant son séjour dans la capitale russe, il a maintes fois souligné au cours d'entretiens, aussi bien avec ses collègues russes qu'avec des journalistes, que l'amitié avec la Russie n'était pas seulement un hommage au protocole et à la politesse diplomatique... Tout d'abord, le groupe d'amitié est le plus important du Sénat français avec environ 60 membres, a fait remarquer M. Gélard dans une interview donnée à RIA Novosti. Notre coopération a acquis depuis 30 ans un caractère permanent, ce qui permet de se pencher sur des projets à long terme, a poursuivi le sénateur français. Le groupe interparlementaire France-Russie travaille à partir d'un même schéma dans les deux pays. Une réunion commune des membres du groupe d'amitié se tient une fois par an. Ils dressent le bilan de l'année de travail et élaborent de nouveaux projets. Les membres du groupe français sont dans l'obligation de recevoir toutes les délégations du pays-compagnon qui se présentent au Sénat. Et ce ne sont pas toujours des représentants de structures d'Etat. "J'ai même reçu un producteur russe de glaces", a affirmé M. Gélard.

La coopération au niveau interparlementaire permet de régler des problèmes concrets et de prendre des décisions qui auront force de loi. Au cours de la rencontre à Moscou, les partenaires français ont notamment fait savoir que, grâce à leur intervention, la langue russe n'avait pas entièrement disparu des programmes d'enseignement scolaire français. Le fait est que la qualité de l'enseignement et l'intérêt pour la langue russe ont tellement diminué ces quinze dernières années qu'on a évoqué sa possible exclusion des programmes à l'école.

L'économie reste certainement l'un des thèmes principaux du dialogue russo-français. Les deux parties ont déploré le fait que le chiffre d'affaires des échanges commerciaux bilatéraux se trouvait à un niveau indécent. Mais les affaires pâtissent de choses qui n'ont rien à voir avec l'économie, semble-t-il. Dans son discours prononcé au colloque qui s'est tenu en février 2007 au Sénat français avec la médiation du groupe d'amitié France-Russie, Louis Schweitzer, coprésident de "Dialogue franco-russe", a reconnu avec amertume que la Russie restait pour la France un pays "mal connu". Le colloque a été consacré à la coopération décentralisée entre les deux pays. Il est apparu que les images qu'on a de la Russie en France restaient très vagues. C'est pourquoi M. Gélard a fait une proposition concrète: développer le tourisme économique entre les deux pays. Mais cela dépend de la simplification de la procédure d'octroi des visas. Il s'agit d'un des thèmes permanents de la discussion entre la Russie et l'Europe. Aucune solution acceptable n'ayant encore été trouvée, il est d'autant plus important d'en rechercher une au niveau bilatéral.

Les parlementaires doivent être pragmatiques et essayer de réaliser des projets bilatéraux importants. Conformément à une décision prise récemment, il est prévu de créer un lycée russo-français qui aura des sections en Russie et en France. Le programme sera absolument identique dans les deux pays, l'enseignement sera donné simultanément dans les deux langues. Il devrait normalement s'ouvrir aux alentours de 2011. Comme l'a attesté dans une interview à RIA Novosti Dmitri Mezentsev, vice-président du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) et chef du groupe d'amitié avec la France, cet établissement d'enseignement formera des professionnels de haut niveau, spécialisés principalement dans le domaine humanitaire et qui connaîtront aussi bien la culture russe que française. A ce propos, Dmitri Mezentsev a été décoré de la Légion d'honneur, ce qui d'après ses collègues français symbolise la reconnaissance non seulement de ses mérites personnels dans le renforcement des rapports amicaux entre la Russie et la France, mais aussi du processus positif de rapprochement russo-français.

La nécessité d'édifier un système efficace de contacts diplomatiques diversifiés est souvent soulignée. Cela signifie qu'en plus des institutions exécutives officielles comme les ministères des Affaires étrangères ou les sommets (les rencontres entre les présidents français et russe sont depuis longtemps considérées comme des événements d'une importance mondiale), la diplomatie parlementaire représente un segment important et une locomotive pour le développement des rapports interétatiques bilatéraux. Bien entendu, le dialogue parlementaire est mené avant tout dans le cadre assez restreint du fonctionnement des structures du pouvoir. Mais, comme on le sait, ce sont les parlements qui incarnent avec le plus d'éloquence l'idée du pouvoir du peuple. Cette qualité permet souvent aux législateurs des deux pays de trouver des solutions concrètes dans l'intérêt des peuples, souvent longtemps espérées, car ils traduisent justement leur volonté.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.