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mercredi 28 janvier 2009

La grande déprime des oligarques russes

Ils ont perdu des centaines de milliards de dollars dans la crise. Étranglés par les dettes, ils sont à la merci du Kremlin.

Sergueï Poliakov a été retrouvé pendu le 16 janvier dans son bureau de Nijniy-Novgorod. Copropriétaire d'un réseau de boutiques de mode distribuant Versace ou Burberry dans cette cité des rives de la Volga, il a expliqué son geste par le poids insurmontable de ses dettes.

La veille, Vladimir Zoubkov, important vendeur de billets d'avion affilié à Aeroflot, s'était tiré une balle dans la tête. Lui aussi ne faisait plus face à ses créances. Ces deux suicides, présumés directement liés à la crise, ne sont pas les premiers en Russie.

La tourmente financière, relayée par la chute des cours de l'or noir, puis par celle du rouble, frappe très dur, du sous-sol de l'échelle sociale - les ouvriers clandestins du bâtiment licenciés par milliers - jusqu'au sommet - les fameux oligarques.

La fortune cumulée des vingt Russes les plus riches pesait l'an dernier plus du cinquième du PIB. Depuis l'automne, les journaux bruissent de leurs pertes colossales. Oleg Deripaska, numéro un depuis 2008, aurait perdu sur le papier 34,8 milliards de dollars, selon le quotidien les Izvestia. Soit davantage que sa fortune estimée par Forbes à 28 milliards de dollars en 2008.

Dans l'univers cloîtré des super-riches, la machine à rumeurs ne connaît pas la crise. Ainsi, Roman Abramovitch aurait annulé une dispendieuse fête de Nouvel An en Suisse. Faux, assure son conseiller de presse, l'Américain John Mann : «Il a simplement fait un changement de réservation». Plus grave encore : Abramovitch serait sur le point de vendre son bien le plus célèbre, le club de foot londonien de Chelsea. Là encore, démenti de l'intéressé, qui juge l'affaire suffisamment préjudiciable pour assigner le Sunday Times en diffamation. Le portefeuille d'Abramovitch dans Evraz, multinationale de l'acier, du charbon et du vanadium, a perdu 95 % de sa valeur, depuis mai 2008, soit 18 milliards de dollars envolés pour le propriétaire de la plus belle flottille de yachts du monde.

Fortunes bâties sur la dette

Cependant, rappelle son conseiller, le milliardaire n'a pas encore dépensé le total des 13 milliards de dollars qu'il avait gagnés en 2005 grâce à la vente du groupe pétrolier Sibneft.

Le blizzard n'en souffle pas moins sur le grand capital russe. À la fin de l'année dernière, plus d'une centaine de grands patrons faisaient la queue devant le «père Noël» Vladimir Poutine pour se partager 78 milliards de dollars de prêts. Une question de vie ou de mort pour certains empires bâtis au prix d'un endettement extérieur qui s'élèverait, selon la banque centrale, à 110 milliards de dollars. Soit une dette privée double de celle des entreprises indiennes, chinoises ou brésiliennes. Par un retournement de situation historique, l'État russe, dépouillé de ses biens il y a une douzaine d'années sous Eltsine, revient en force dans le capital des empires privés. Le premier ministre Poutine préside le conseil d'administration de la Vnechekonombank (VEB), bras financier de l'État qui octroie des prêts.

Ce sauvetage entre amis commence à faire grincer des dents. «Les deniers publics ne sont pas employés pour les intérêts du plus grand nombre mais pour sauver les avoirs d'un cercle étroit d'hommes d'affaires influents», a dénoncé il y a dix jours l'ancien numéro 1 soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, tranchant avec son soutien habituel à Poutine.

Pour obtenir un crédit de trois milliards de dollars de la banque publique, VTB, l'oligarque Vladimir Potanine a dû gager 20 % des actions qu'il détenait chez Rosbank, en plus de 18 % du capital de Nornickel, trop déprécié. Lourdement endetté et plombé par la chute des cours des métaux, Nornickel a hérité d'un nouveau président de son conseil d'administration, Alexandre Volochine, ancien chef de l'administration présidentielle.

Au Monopoly russe, les cartes sont en train d'être rebattues. Oleg Deripaska et Vladimir Potanine, tous deux actionnaires de Nornickel, proposent de constituer un géant russe de la métallurgie en invitant les autres colosses du secteur, Evraz, Metalloinvest et Mechel à les rejoindre. L'État a été officiellement sollicité pour participer à la construction de ce ­nouveau champion d'envergure ­planétaire.

Les crises ont toujours leurs perdants et leurs gagnants. Inquiété en France pour une affaire de proxénétisme après une fête mémorable à Courchevel, Mikhaïl Prokhorov se classe dans la deuxième catégorie. Il a revendu au printemps les 25 % qu'il possédait dans Nornickel, pour 7 milliards de dollars, avant de racheter pour 500 millions de dollars la moitié de la banque d'investissement en difficulté Renaissance Capital. Pour ce géant de deux mètres, la crise offre «le summum des opportunités».


Fabrice Nodé-Langlois, correspondant à Moscou
27/01/2009 | Mise à jour : 11:03
http://www.lefigaro.fr/economie/2009/01/27/04001-20090127ARTFIG00324-la-grande-deprime-des-oligarques-russes-.php

Lebedev, le milliardaire rebelle issu du KGB

Le nouveau propriétaire de l' Evening Standard, ancien espion, a reçu Le Figaro dans sa résidence à Moscou.

Alexandre Lebedev est l'oligarque russe dont on parle en Europe ces derniers temps. Car il a racheté la semaine dernière «pour une somme symbolique» le quotidien britannique déficitaire The Evening Standard, juste quelques jours après l'achat de France Soir par un autre milliardaire russe, Sergueï Pougatchev.

Alexandre Lebedev, 49 ans, a un début de CV idéal pour faire peur à Fleet Street : «agent du KGB». Sauf qu'à la différence de nombre de hiérarques russes, cet anglophone distingué ne fait pas mystère de son passé d'espion.

Il le mentionne noir sur blanc sur l'un de ses sites Internet, celui du Nouveau parti indépendant qu'il vient de fonder avec Mikhaïl Gorbatchev. Atypique, Lebedev le milliardaire rejette le terme « oligarque » qui définit, selon lui, les prédateurs enrichis dans les matières premières sur le dos de l'État post-soviétique.

Lui affirme avoir bâti sa fortune de banquier en créant de la valeur. Copropriétaire du journal indépendant Novaïa Gazeta, volontiers critique de Poutine, Lebedev cultive le paradoxe. Ex-député du parti du Kremlin, il reste au cœur du système en étant actionnaire d'Aeroflot, à 28 %, et du géant public Gazprom.

Ce «capitaliste idéaliste» n'a pas été épargné par la crise. «Mes actions Aeroflot valaient 1 milliard de dollars en mai, elles ne valent plus que 330 millions », raconte-t-il en recevant Le Figaro dans sa résidence de travail, un vaste pavillon au cœur de Moscou, avec piscine et salle de sport. Un pied à terre à mi-chemin entre sa résidence familiale et la tour de sa National Reserve Bank à la vue imprenable sur le Kremlin.

Sans yacht ni jet

Lebedev relativise l'importance de ses pertes boursières car, à la différence d'autres oligarques, il n'a pas gagé ses actions en échange de lourds emprunts. «Dommage, ironise-t-il, cela m'a empêché d'obtenir une aide la banque publique VEB.» La crise des liquidités coupe toutefois les ailes de sa compagnie aérienne allemande Blue Wings.

Selon la liste Forbes 2008, sa fortune (3,1 milliards de dollars) le plaçait au 39e rang russe. «J'ai écrit à Forbes pour qu'il m'enlève de sa liste idiote et me remplace par des gens haut placés, sûrement plus riches que moi», persifle l'homme d'affaires. Sans yacht ni jet, Alexandre Lebedev assure ne pas réduire son train de vie. Il poursuit ses œuvres de mécène - la restauration d'une forteresse italienne, son centre culturel russe au château des Forgets à L'Isle-Adam - en gardant un œil sur la rentabilité de ces projets.

Cet investisseur, dont le cerveau semble produire dix idées à la minute, tire des leçons de la crise. «Je suis incapable de savoir ce que je gagne et ce que je perds à un instant T, même dans les entreprises que je contrôle à 100 %. Je veux ouvrir mon capital, notamment à mes salariés, pour améliorer la transparence.» Décidément atypique.

F. N.-L., correspondant à Moscou
27/01/2009 | Mise à jour : 09:24

http://www.lefigaro.fr/medias/2009/01/27/04002-20090127ARTFIG00328-lebedev-le-milliardaire-rebelle-issu-du-kgb-.php

«France-Soir» passe sous pavillon russe

Le quotidien est repris par le fils du magnat russe Sergueï Pougatchev, déjà propriétaire de Hédiard.

On l'a surnommé «le banquier du Kremlin». Sergueï Pougatchev, milliardaire russe de 45 ans, a obtenu vendredi l'aval du tribunal de commerce de Lille pour reprendre France-Soir, une fois de plus au bord du dépôt de bilan. La diffusion du quotidien fondé par Pierre Lazareff est tombée à 22 994 exemplaires selon l'OJD en 2007-2008.

Formellement, c'est le fils, Alexandre, 23 ans, actionnaire unique du groupe Sablon International, qui va porter ses parts dans le quotidien de 19,9 % à 85 %. Le très jeune nouveau propriétaire du journal est un parfait inconnu. Son oligarque de père cultive lui-même la discrétion, surtout depuis le deuxième mandat de Vladimir Poutine durant lequel son étoile a un peu pâli. France-Soir n'est pas la première acquisition hexagonale de Pougatchev, propriétaire de l'épicerie de luxe Hédiard depuis 2007. C'est à l'ombre de Pavel Borodine, intendant du Kremlin sous Eltsine, que le banquier Sergueï Pougatchev fait fortune. «Il a donné leur première carte Visa aux filles de Boris Eltsine», raconte Kyrill Privalov, journaliste à Itogui. Un sésame à l'époque. Pougatchev a partagé le même confesseur que Vladimir Poutine, affirme encore Kyrill Privalov. L'homme d'affaires cultive une image de dévot et une belle barbe à la Nicolas II. Ses intérêts dans le charbon et les chantiers navals, entre autres, lui ont valu la 48e fortune russe selon Forbes (février 2008, avant la crise), soit 2 milliards de dollars.

Montrer son influence en Europe

Sergueï Pougatchev défend âprement sa réputation lorsque l'origine de son pactole est mise en doute. Il fit ainsi condamner le journal Novaïa Gazeta à payer 500 000 $ pour l'avoir suspecté de blanchiment. Sénateur de la province de Touva, près de la Mongolie, il aurait remisé ses ambitions politiques, lui qui convoita la Mairie de Moscou. Sa vie se partage entre les États-Unis et la Côte d'Azur où il détient une propriété à Valberg près de Nice. Pourquoi France-Soir ? «Pour devenir un peu plus français», hasarde Kyrill Privalov. Pour montrer qu'il est un homme d'influence en Europe, suggèrent d'autres, un atout auprès du Kremlin. Quant à la nomination de son fils, le procédé est courant. Pougatchev junior a l'avantage juridique d'avoir la nationalité française.

Fabrice Nodé-Langlois, correspondant à Moscou
16/01/2009 | Mise à jour : 18:41

http://www.lefigaro.fr/medias/2009/01/17/04002-20090117ARTFIG00203-france-soir-passe-sous-pavillon-russe-.php


dimanche 6 juillet 2008

Grand Nord : en attendant le dégel

Comment se préparer à la fonte du pôle Nord pour ne pas rater les bonnes affaires ? En ce début d'été, dans la salle de conférences du grand hôtel de Bodø, au nord du cercle polaire, la question du jour est crue. Il y a là des armateurs, des chercheurs, des pétroliers, des militaires, des écologistes. Et tout le monde a en tête les projections américaines, selon lesquelles un quart des ressources non prouvées en pétrole et en gaz se trouveraient en zone arctique. Ressources dont les Russes seront les principaux bénéficiaires.


Que se passera-t-il dans vingt ou trente ans pour cette région du Grand Nord norvégien, allant des îles Lofoten jusqu'à la frontière russe bordée par la mer de Barents, en passe de devenir le nouvel eldorado européen du fait des bouleversements climatiques ? Depuis cinq ans, le gouvernement norvégien en a fait sa zone de développement prioritaire. A Hammerfest, commune située non loin du cap Nord, le premier gisement de gaz offshore de la zone arctique, Snø-Hvit ("blanche neige") y est déjà en exploitation. Tandis que les éleveurs de rennes lapons voient leur pratique traditionnelle condamnée à court terme.
Dans la toundra du Finnmark, en effet, il n'y a normalement pas plus de 20 ou 30 cm de neige sèche pendant l'hiver, ce qui fait que les rennes y trouvent facilement leur nourriture. "Mais quand il y a plus de neige et de pluie qui se succèdent, cela fait des couches de glace que les rennes n'arrivent pas à casser", constate Steinar Bidne, inspecteur de la police des rennes chargé de la prévention des conflits liés à leur élevage. Ce fut le cas ces derniers hivers. Et comme l'explosion prévisible du tourisme et de l'agriculture empiétera de plus en plus sur les zones traditionnelles de transhumance des rennes, les derniers d'entre eux seront bientôt élevés dans des fermes tout au long de l'année, nourris de granulés et de foin.
UN GRAND BOULEVERSEMENT

La disparition des migrations de cervidés sur les vastes étendues de toundra fera également les beaux jours de l'industrie minière. De quoi assurer la richesse de la communauté lapone, sans lui éviter pour autant une grave crise identitaire, similaire à celle qu'ont connue les chasseurs du Groenland ou les éleveurs nenets de Sibérie.
Tenants de l'agriculture et de l'industrie minière d'un côté, opérateurs touristiques tentant de "vendre" les derniers espaces sauvages d'Europe de l'autre : d'ici quelques décennies, les traditionnels conflits liés au renne auront donc été remplacés par des tensions d'une tout autre nature. Avec, en toile de fond, l'essor des villes du Grand Nord, qui se fera au fil des arrivages de personnels des industries pétrolières, gazières et minières.
Car le grand bouleversement, bien sûr, viendra de l'ouverture de la route maritime du pôle Nord, qui permettra durant une partie de l'année de relier l'Europe et l'Asie selon un trajet deux fois plus court. Une partie de l'année seulement : même dans les projections pessimistes, les chercheurs estiment que la banquise se reformera en hiver.
"Il faudra sans doute s'attendre à de plus grosses variations des courants", prévient Arild Moe, directeur adjoint de l'Institut Fridtjof Nansen. Et aussi, puisque la fonte du pôle ne sera que saisonnière, à un risque accru en provenance des icebergs - d'autant qu'avec une mer plus ouverte et un climat plus changeant, les tempêtes se multiplieront. Assurances plus chères, équipages renforcés pour des surveillances plus pointues, nouveaux tankers plus petits et donc plus nombreux : autant de surcoûts avec lesquels devront compter les compagnies maritimes, qui estiment peut-être un peu vite que l'ouverture de la route transpolaire leur fera faire de grosses économies... Il faudra par ailleurs développer de nouvelles générations de brise-glace plus performants que ceux existant aujourd'hui.
NOUVELLE DONNE

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle donne aura un impact considérable sur la région. L'archipel des Svalbard, situé sur cette route Europe-Pacifique via le pôle Nord, deviendra le portail de l'Arctique, le centre opérationnel de toute la zone. Longtemps considéré comme la dernière frontière de la civilisation, l'archipel norvégien constituera alors un point central de l'économie septentrionale.
D'ores et déjà, les compagnies pétrolières et gazières internationales y ont ouvert des bases opérationnelles. La Norvège y est responsable des services de maintenance portuaire et des équipes de secours équipées d'hélicoptères et de brise-glace. Aux Svalbard siégera également une future Commission internationale du pôle Nord, chargée de régler les contentieux. Et les centres de recherche qui s'installeront sur l'archipel sonderont la région vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour établir les cartes de la banquise en temps réel, estimer les déplacements d'icebergs et recalculer les routes maritimes.
Bonne nouvelle, enfin, pour les pêcheurs de morue : le développement de services de sauvetage en mer adaptés aux conditions arctiques devrait leur offrir une nouvelle chance. L'espèce a récemment disparu le long des côtes du Finnmark et des Lofoten, victime de la surpêche et des prises illégales. On la trouve maintenant plus au nord, autour de l'archipel des Svalbard et au-delà, où le stock s'est reconstitué grâce à une meilleure traçabilité et à la surveillance menée par les patrouilles de gardes-côtes. Des patrouilles russo-norvégiennes, à l'image des nouvelles alliances géopolitiques qui vont se nouer ici. Un nouveau Moyen-Orient, peut-être, mais où l'on parlera russe.
Olivier Truc Bodø (Norvège), envoyé spécial
Le Monde

jeudi 29 mai 2008

La France s'ouvre aux «plombiers polonais»

Nicolas Sarkozy et le président polonais Lech Kaczynski. AP Crédits photo : AP

En visite à Varsovie, Nicolas Sarkozy a annoncé que dès le 1er juillet, les ressortissants de huit pays post-communistes entrés dans l'UE en 2004 pourront venir travailler en France, sans restrictions.

» Sarkozy à Varsovie pour arrimer la Pologne à l'UE

A partir du 1er juillet 2008, un travailleur polonais ou tchèque pourra entrer librement en France et y exercer l'emploi de son choix. A l'occasion de sa visite à Varsovie, le chef de l'Etat a annoncé que la France avec un an d'avance sur le calendrier prévu ouvrira ses frontières aux ressortissants de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie, de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Slovénie, au 1er juillet 2008 lorsque Paris assumera la présidence de l'Union européenne. «Je crois à l'Europe, j'essaie de le démontrer ici en Pologne», a souligné Nicolas Sarkozy. « J'estime que la Pologne est une grande puissance d'Europe et un partenaire stratégique, qu'elle est membre de l'Europe, que l'Europe est fondée sur la liberté de circulation des personnes et des biens et qu'il n'y a donc aucune raison d'avoir des restrictions avec la Pologne».

La France avait opté pour une ouverture prudente et progressive de son marché comme le prévoit la législation européenne. Elle a commencé en mai 2006 à ouvrir partiellement son marché à ces huit pays anciennement communistes, qui avaient adhéré à l'UE lors du grand élargissement de 2004. Cette période transitoire devait se prolonger jusqu'au 30 avril 2009. Sous ce régime, les habitants de ces huit pays ne pouvaient postuler qu'à des postes dans des secteurs en manque de personnel en France, comme le bâtiment ou l'hôtellerie. En revanche, Roumains et Bulgares, dont les pays sont membres de l'UE depuis le 1er janvier 2007 seulement, resteront soumis à ce régime dérogatoire.

«Les plombiers polonais ne sont pas venus en France»

La Commission européenne s'est aussitôt félicitée de la décision du président de la République. «C'est de bon augure pour la présidence française, je m'en félicite. La décision est basée sur la réalité du marché du travail: les plombiers polonais ne sont pas venus en France», a souligné le commissaire européen au Travail, Vladimir Spidla, faisant référence à un des arguments clés des partisans du non au référendum sur la Constitution européenne en 2005. En France, cette ouverture partielle du marché n'a pas entraîné le raz de marée humain craint. Entre 2005 et 2007, seuls 4 850 Européens de l'Est sont venus s'installer dans l'Hexagone en tant que salariés permanents, 30.000 autres Européens de l'Est travaillent de manière saisonnière en France.

Rappelant que «la plupart des pays avaient déjà ouvert leur marché du travail», le commissaire Spidla a estimé que « ce pas important allait inspirer les autres pays» restants. Si la Grande-Bretagne, la Suède ou l'Irlande en 2004 suivies en 2006 du Portugal, de la Grèce, de la Finlande et de l'Espagne ont complètement ouvert leurs marchés du travail, les restrictions à l'égard des ressortissants des pays de l'Est sont maintenues en Allemagne, Autriche, Danemark et Belgique.

C.J (lefigaro.fr) avec AFP, Le Monde et LCI
28/05/2008 | Mise à jour : 16:44 |

http://www.lefigaro.fr/economie/2008/05/28/04001-20080528ARTFIG00516-la-france-ouvre-son-marche-du-travail-a-l-europe-de-l-est.php


Sarkozy accélère son offensive de charme en Europe de l'Est


Lors d'une visite en Pologne hier, le chef de l'Etat a annoncé l'ouverture totale au 1er juillet du marché du travail français aux ressortissants de huit pays entrés dans l'Union européenne en mai 2004.

Le plombier polonais est le bienvenu en France. C'est en substance le message qu'est venu délivrer hier à Varsovie Nicolas Sarkozy. A l'occasion de sa deuxième visite officielle en moins d'un an en Pologne, le chef de l'Etat a annoncé l'ouverture totale, avec un an d'avance, du marché du travail français aux ressortissants des huit pays de l'Est entrés dans l'Union européenne en mai 2004. Une information révélée dès lundi par « Les Echos ». Les travailleurs de ces nouveaux Etats membres avaient déjà accès depuis le 1er janvier dernier à 150 professions dans l'Hexagone. Ils pourront, dès le 1er juillet prochain, postuler à l'emploi de leur choix.

La France ne craint plus d'être envahie par les ressortissants de l'Est, a expliqué, en substance, Nicolas Sarkozy. Et elle considère les pays entrés dans l'Union voilà quatre ans comme des Etats membres à part entière. Ce qui n'a peut-être pas toujours été le cas. La peur du plombier polonais a joué un rôle dans la victoire du « non » dans l'Hexagone, lors du référendum sur la Constitution européenne, en mai 2005. Et les pays de l'Est ont eu parfois la désagréable impression d'être considérés comme quantité négligeable par Paris. Jacques Chirac avait, à cet égard, fait beaucoup de dégâts, en 2003, quand il avait déclaré qu'ils « avaient raté une occasion de se taire » en soutenant l'intervention militaire américaine en Irak.

Son successeur s'emploie depuis un an à montrer que cette page est tournée. Et que l'Europe de l'Est est une région prioritaire pour la France. Nicolas Sarkozy a signé, hier à Varsovie, un « accord de partenariat stratégique » avec la Pologne, couvrant de larges domaines de coopération. Après celui paraphé, la semaine dernière à Paris, avec la Hongrie. Et avant celui qui sera signé, le 16 juin, en République tchèque. Hier, le chef de l'Etat s'est aussi déclaré favorable à un rapprochement entre l'Union européenne et l'Ukraine (lire encadré). Une perspective souhaitée ardemment par la Pologne.

Des Etats à ménager

Cette offensive de charme vise aussi à rassurer ces pays de l'ancien bloc soviétique, à un mois du début de la présidence française de l'Union européenne, qui sera marquée par le lancement en grande pompe à Paris, le 13 juillet, de la très controversée Union pour la Méditerranée. Le nouvel effort en faveur des pays riverains de la grande bleue ne se fera pas au détriment de l'Europe de l'Est, certifie l'hôte de l'Elysée.

Il lui faut, il est vrai, ménager les nouveaux Etats membres. Parce qu'ils sont les plus ouverts au projet d'Europe de la défense, l'une des quatre priorités de la prochaine présidence française de l'Union. Et parce qu'ils seront un précieux soutien au moment de la renégociation de la politique agricole commune (PAC).

STÉPHANE DUPONT
http://www.lesechos.fr/info/france/4733509.htm?xtor=RSS-2053

mardi 20 mai 2008

PSA s'associe à Mitsubishi pour produire en Russie


Le groupe PSA a signé hier un accord avec Mitsubishi Motors Corporation pour la création d’une société commune dédiée à la fabrication de véhicules en Russie. La société sera détenue à 70% par PSA en charge de 70% de l’investissement total, compris entre 430 et 500 millions d’euros.
Le groupe PSA Peugeot Citroën avait annoncé l’année dernière son intention de créer une usine à Kaluga, à 180 km au sud-ouest de Moscou, et évoqué un éventuel partenariat. C’est désormais chose faîte. Le groupe français a signé hier un accord avec Mitsubishi Motors Corporation pour la création d’une société commune dédiée à la fabrication de véhicules en Russie. La société sera détenue à 70% par PSA en charge de 70% de l’investissement total, compris entre 430 et 500 millions d’euros. La première pierre sera posée le 10 juin prochain et le site commencera sa fabrication début 2011. Il produira annuellement 50 000 SUV de gamme moyenne (correspondant à l’Outlander) pour Mitsubishi et PSA, et 110 000 véhicules du segment C (correspondant aux C4 et 308) exclusivement pour Peugeot et Citroën. Cette production de 160 000 véhicules au total, entièrement dédiée au marché russe, évoluera vers les 300 000 véhicules, "soit 7 à 8 % d’un marché russe qui devrait représenter à terme 4 millions de véhicules", a estimé Christian Streiff, P-dg de PSA.

Une plateforme commune et une carrosserie spécifique Les deux constructeurs utiliseront une plateforme commune pour la fabrication de ces modèles "qui n’auront pas forcément d’équivalents en Europe de l’Ouest et seront plutôt équipés de boîte automatique comme l’exige la demande locale", a expliqué Didier Aleton, directeur de la société commune, auparavant responsable du site de production d’Aulnay. Sur place, il sera accompagné d’une cinquantaine de français pour un total de 3 000 salariés. Parmi les équipementiers internationaux qui accompagneront les deux constructeurs, Faurecia sera probablement de la partie. La filiale de PSA a en effet annoncé être en phase finale de sélection d’un site près de Kaluga, depuis lequel il pourrait fournir PSA et le groupe Volkswagen, également présent sur la ville. Le constructeur allemand qui produit ses véhicules à partir de collections démarrera pour sa part l'assemblage complet dans son usine à la fin de cette année, à un rythme de 150 000 unités par an.

Les marques importées devancent désormais les marques locales L'an dernier, 1 149 861 véhicules particuliers ont été produits en Russie (-1,4%), dont 808 000 Lada (-4,4%), 72 762 Dacia (+49,9%), 64884 Ford (+4%), 60 739 Chevrolet (+26,9%), 39 625 Kia (+63,8%), 39 002 Volga (-24,5%), 31 869 UAZ (+11,2%), et 1 200 Skoda. Les ventes totales ont fait un bond de 37% au premier trimestre 2008, à 650 000 unités, et celles des marques importées de 54% à 454 069 unités. Chevrolet a été la marque la plus prisée, avec 58 498 ventes (+59%). Hyundai se classe deuxième, avec plus de 44 000 ventes (+97%), devant Ford (41 500 unités, +6%), Nissan (37 250 unités, +102%), Toyota (35 820 unités, +22%) et Renault (24 300 unités, +36%). Le groupe PSA n’a pour sa part vendu que 10 400 véhicules (+54%) mais ne disposait pas encore d’une filiale d’importation pour Citroën. C’est désormais le cas depuis mars dernier.
Xavier Champagne
Autoactu.com

mardi 22 avril 2008

«Pour la France, c’est le premier partenariat stratégique à l’Est»

Le Premier ministre roumain, le libéral Calin Tariceanu, arrive aujourd’hui à Paris pour tracer les lignes du partenariat stratégique lancé par le président français, Nicolas Sarkozy, lors de sa visite en Roumanie début février. Le chef du gouvernement roumain en explique les enjeux.

Que signifie ce partenariat spécial ?

La Roumanie a besoin au sein de l’Union européenne d’un partenaire solide, qui puisse l’appuyer et l’aider. Je pense que la France a, elle aussi, besoin de partenaires privilégiés. La Roumanie, 7e pays européen en terme de population, est l’un d’eux. Regardez la présence économique et culturelle de la France ici, plus importante que celle de n’importe quel autre pays ! Les investissements français sont très visibles, que l’on parle du secteur bancaire, automobile, de la grande distribution… C’est la poursuite logique d’une vieille tradition, car la France avait joué un rôle très important pour la Roumanie dès le XIXe siècle, en aidant à la création de l’Etat roumain moderne.

Ce rôle a duré presque cent ans, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, et après 1989 nous avons renoué avec la tradition. C’est pour cela aussi que la Roumanie est le premier pays de la région avec lequel la France a établi un partenariat stratégique. Son contenu est riche : mécanisme de consultations annuelles entre nos gouvernements pour échanger des informations sur les principaux dossiers européens, mais aussi approfondissement des relations économiques à travers des partenariats dans le secteur de l’énergie, l’agriculture, le bâtiment ou les transports. Un exemple : le projet de TGV Paris-Budapest. Nous voulons que ce TGV soit prolongé jusqu’à Bucarest, à 1 000 km à l’est, et nous allons en parler avec nos partenaires français.

Qu’attendez-vous de la présidence française de l’Union européenne (UE) au deuxième semestre ?

Le premier objectif est sans doute la conclusion du processus de réforme de l’Union, avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le 1er janvier 2009. Je pense qu’il est significatif que nos pays aient ratifié l’un après l’autre ce traité : la Roumanie le 4 février [lors de la visite du président Sarkozy à Bucarest, ndlr] et la France le 7 ! Par ailleurs, il y a les dossiers concrets, comme celui de l’énergie et du changement climatique, dont l’importance est partagée par la Roumanie, étant donné ses retombées sur l’économie.

Vous êtes accompagné par plusieurs ministres, dont celui de l’Intérieur. Allez-vous aborder la question des Roms roumains ?

Les deux ministres de l’Intérieur parleront d’abord de l’appui que la France peut accorder à la Roumanie afin qu’elle accède à l’espace Schengen. Nous allons également parler de la sécurisation de la frontière est de la Roumanie, l’une des plus importantes de l’UE, où la France peut apporter également sa contribution. Quant à la question des Roms, le problème est désormais européen. La Commission européenne devrait prochainement publier un rapport concernant les Roms et leur insertion sociale. Nous comptons donc sur le soutien de la présidence française pour maintenir ce sujet sur l’agenda des débats communautaires. Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait de solutions miracle. Il faut trouver une solution pour le long terme qui doit s’appuyer, en premier lieu, sur l’éducation.

Après la grève de trois semaines à l’usine Dacia de Pitesti (filiale de Renault), certains craignent que ce genre de conflits sociaux prolongés ne fasse fuir les investisseurs. Qu’en pensez-vous ?

En ce qui concerne le conflit social en lui-même, je ne peux pas me prononcer, mais je comprends les deux parties : les employés, qui souhaitent des salaires plus élevés, mais aussi les employeurs, qui veulent mettre en relation le niveau des salaires avec ce qu’on appelle la productivité du travail. Quant aux sociétés étrangères, je pense qu’elles ont des raisons solides de venir en Roumanie et notamment dans l’industrie automobile qui est aujourd’hui «la locomotive» de l’économie avec un chiffre d’affaires de près de 16 milliards d’euros et 200 000 employés. Renault compte d’ailleurs poursuivre son développement en Roumanie, par l’ouverture prochaine d’un centre technologique à Titu [près de Pitesti, ndlr]. Il y a au moins trois raisons pour lesquelles la Roumanie restera attractive : le coût de la main-d’œuvre est encore bon marché, la qualité des employés est très bonne et puis, il y a un autre atout qui compte : la bonne capacité des Roumains à s’adapter ainsi que leur don pour les langues étrangères. Enfin, nous avons su créer des conditions favorables, comme le taux unique d’imposition de 16 %, salué par tous ceux qui ont investi ici.

Propos recueillis par Luca NICULESCU (à Bucarest)
Libération. Mardi 22 avril 2008
http://www.liberation.fr/actualite/monde/322514.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450

vendredi 29 février 2008

Sous Poutine, la province russe s'est métamorphosée

Dimitri Medvedev, le dauphin de Vladimir Poutine qui doit être élu dimanche, fait face à un défi : transformer la manne des hydrocarbures en développement économique. Reportage.

À 500 kilomètres de Moscou, Voronej connaît un boom du commerce. Partout fleurissent boutiques, restaurants, clubs de remise en forme, salons de coiffure, bowlings et boîtes de nuit. Pour qui a connu la grisaille maussade et le dénuement des villes provinciales soviétiques, cette métamorphose est spectaculaire, même si les routes restent couvertes d'ornières et de flaques de neige fondue. Des projets immobiliers poussent comme des champignons. Un luxueux centre commercial vient de s'installer dans l'une des rues principales. Le parc d'automobiles a tellement grossi que Voronej se retrouve juste après Moscou et Saint-Pétersbourg pour le nombre de voitures vendues. L'abondance jusqu'ici réservée à la métropole moscovite s'étend en province.

C'est sans doute partiellement en raison de cette sensation très nouvelle de bien-être que la grande majorité des Russes voteront ce dimanche pour l'héritier désigné de Vladimir Poutine, Dimitri Medvedev. À Voronej, qui a pourtant une réputation de ville «rouge», quelque 64 % des habitants s'apprêtent à voter pour lui, selon un sondage.

Ancien haut lieu du complexe militaro-industriel soviétique, Voronej a subi de plein fouet l'effondrement du communisme, qui a laissé sur le carreau une population ouvrière paupérisée. Un habitant sur trois y est retraité. La ville compte une importante proportion d'étudiants et de professeurs, disposant officiellement de faibles salaires. Voronej consomme, alors qu'en principe elle n'a pas d'argent. Ce paradoxe fait sourire Mark Zinovievitch Berkolaiko, un docteur en mathématiques qui s'est reconverti dans la finance dans les années 1990, pour finalement fonder une société d'investissements privée.

«Il faut en finir avec les mythes russes», dit-il. D'après lui, les statistiques officielles ne reflètent pas les revenus réels de la population. Les pauvres, et ceux qui ont juste assez d'argent pour manger et se vêtir correctement, représenteraient quelque 40 % de la population de Voronej. Les gens aisés, «ceux qui ont de bons appartements, une voiture, des portables et peuvent se payer des voyages à l'étranger» , en représenteraient de 30 à 40 % et gagneraient entre 25 000 et 50 000 roubles (de 800 à 1 600 euros), selon lui. Les 20 % restants se partageant à égalité entre «très riches» (millionnaires en dollars) et «riches» . «C'est la classe moyenne qui booste le commerce, ce dernier ne serait pas possible s'il ne s'appuyait que sur les riches» , affirme Berkolaiko. Il rappelle que le capitalisme existe depuis dix-sept ans en Russie et que beaucoup de gens ont accumulé un capital. «Nous les voyons arriver chez nous et demander à acheter un portefeuille d'actions ou investir dans l'immobilier» , raconte-t-il.

«Prometteuses»

Mark Berkolaiko parle même d'un petit frémissement du secteur productif. L'usine d'aéronautique de Voronej, après des années de crise, a «un carnet de commandes plein jusqu'en 2012» . Les perspectives seraient «prometteuses» dans le secteur spatial ou l'agriculture. «Nous devons cette stabilisation à Vladimir Poutine. Il a remplacé les oligarques et les criminels par des bureaucrates. C'est un frein énorme, mais c'est mieux», dit le financier.

Alla Tsvetkova, jeune femme entrepreneur qui fait partie d'un conseil consultatif économique auprès de la mairie, ne partage pas cet avis. Pour elle, la prospérité du commerce à Voronej est due au pouvoir d'achat des riches, et non à l'émergence d'une classe moyenne, car «25 000 roubles (800 euros), c'est très peu, vu le niveau de prix occidental !». «Ayant des revenus immenses, les riches consomment pour tous les autres», suppose-t-elle. Elle décrit des PME locales accablées par la bureaucratie et concurrencées par de grandes chaînes commerciales venues de Moscou. «J'avais des kiosques en 2001, j'ai dû les vendre. Il n'est plus rentable de dépenser autant de dessous-de-table et d'énergie à les garder», dit-elle. Elle explique qu'il est impossible de survivre dans les affaires sans «la main» du pouvoir, ce qui favorise «les gros poissons» capables de payer pour faire taire l'hydre bureaucratique. Elle voit dans l'affaiblissement des PME un grave danger de stagnation pour Voronej, car les chaînes moscovites «sont des aspirateurs» qui rapatrient leurs fonds vers Moscou. «Pour changer ce système fermé, il faudrait une vraie rupture, et Medvedev, même s'il a de bons projets, ce n'est pas la rupture» , s'inquiète Alla.

Du même avis, l'entrepreneur Alexandre Sysoev, un influent député réformateur de la Douma régionale, s'interroge sur le mécanisme par lequel le futur président pourra libérer le pays de la chape bureaucratique, pour échapper à la malédiction de la rente pétrolière. «Medvedev me plaît, je sens intuitivement en lui une liberté que je ne trouvais pas chez Poutine. Mais il n'est pas possible de considérer les gens comme des serfs quand il s'agit de se faire élire, et de vouloir en faire des citoyens pour stimuler l'économie. Il faudra choisir.»

De notre envoyée spécialeà Voronej Laure Mandeville
28/02/2008 | Mise à jour : 23:10 | Le Figaro

http://www.lefigaro.fr/international/2008/02/29/01003-20080229ARTFIG00020-sous-poutine-la-province-russe-s-est-metamorphosee-.php

samedi 29 décembre 2007

PSA se dit ouvert à des coopérations pour son usine russe

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën est ouvert à d'éventuelles coopérations afin de partager les coûts de sa future usine russe de Kaluga, a indiqué un porte-parole du deuxième constructeur automobile européen.

"Nous sommes bien en train de lancer un projet 100% PSA à Kaluga. Ce qui n'empêche pas que nous sommes ouverts à de possibles coopérations avec un partenaire pour partager les coûts de la future usine", a-t-il indiqué.

Un porte-parole de Mitsubishi Motors a auparavant déclaré que le constructeur automobile japonais étudiait toujours une coopération avec PSA, après l'annonce par le groupe d'un accord avec le gouvernement russe en vertu duquel il doit bénéficier d'avantages financiers pour assembler des voitures localement.

PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi avoir choisi le site de Kaluga, situé à 180 kilomètres au sud ouest de Moscou, pour s'implanter en Russie, où le groupe veut vendre 100.000 véhicules d'ici 2010.

L'usine devrait être opérationnelle à l'horizon 2010 et PSA y fabriquera des véhicules de gamme moyenne, qui représentent selon le groupe près de "60% des ventes d'un marché russe en très forte croissance".

PSA et Mitsubishi Motors sont liés par un accord opérationnel, le constructeur japonais construisant des 4X4 comme le C-Crosser et le Peugeot 4007.

Marcel Michelson

Challenges.fr

http://www.challenges.fr/depeches/business/20071228.REU2612/psa_se_dit_ouvert_a_des_cooperations_pour_son_usine_rus.html

mardi 18 décembre 2007

Un tournant s’opère en Russie

Claude Tiramani est gérant spécialiste de la Russie au sein de Parvest BRIC, le fonds de BNP Paribas dédiés aux quatre principaux pays émergents. Il détaille ses préférences d’investissement dans ce pays en pleine mutation.

LE FIGARO.FR – La Russie est connue pour la richesse de ses sous-sols. Comment misez-vous sur les matières premières dans ce pays?
Claude Tiramani – La Russie produit désormais plus d’or que l’Afrique du sud. Elle extrait aussi du nickel. Surtout, elle est le pays le plus riche en gaz, avec 26% des réserves mondiales. Dans ce secteur, nous aimons beaucoup Gazprom. Il va devoir réaliser des investissements importants pour développer ses réserves en Sibérie, difficiles d’accès. Mais sa rentabilité devrait croître jusqu’en 2011. Le tarif du gaz est en effet subventionné pour le moment en Russie. Il est donc vendu sur son marché domestique près de 60% moins cher qu’en Allemagne. Mais comme la Russie souhaite intégrer l’organisation mondiale du commerce, elle doit mettre un terme à cette politique tarifaire préférentielle. Elle devrait donc augmenter ses prix de 20 à 25 % par an au cours des quatre prochaines années. Elle vient d’ailleurs d’enclencher ce processus, en relevant ses prix juste après les élections législatives, qui se sont tenues le week-end dernier. Nous ne nous attendions pas à cette décision si vite, en plein hiver. Mais le pouvoir est suffisamment fort pour le faire dès aujourd’hui, sans attendre le printemps.

La Russie est aussi un grand producteur de pétrole. Quelle est votre stratégie pour cette matière première ?
Le pétrole facile, c’est terminé. Les groupes pétroliers ont investi beaucoup d’argent ces dernières années pour acquérir des techniques occidentales permettant d’augmenter la productivité des gisements. Mais ces champs pétrolifères se tarissent. Ils vont donc devoir investir encore davantage pour découvrir et exploiter de nouveaux gisements. C’est très coûteux. Aussi, le pétrole est davantage taxé que le gaz, il n’y aura donc pas un effet de convergence des prix comme celui qui est attendu sur le gaz. La plupart des sociétés de ce secteur sont en outre valorisées très cher. La seule que nous sélectionnons sans hésiter est Rosneft. Cette société qui a acquis Iouganskneftegaz, le reliquat de l’empire Ioukos, présente de bonnes perspectives.

Quels sont les autres secteurs qui vous séduisent en Russie ?
Les industriels russes de l’acier sont très compétitifs. Ils produisent en effet à la fois les composants de l’acier, charbon et minerai de fer, et l’acier lui-même. Et leurs carnets de commandes sont remplis. La Russie développe actuellement ses infrastructures, routes et chemins de fer. L’immobilier est aussi en plein essor, des logements sociaux aux résidences de luxe. De nombreuses sociétés arrivent pour lever de l’argent dans ce secteur. Le réseau électrique doit être rénové pour éviter les coupures de courant, fréquentes à Moscou. L’Allemand E.ON et l’Italien Enel sont passés à l’offensive pour mettre un pied dans ce secteur, qui sera privatisé l’an prochain.Par ailleurs, la consommation se développe, pas seulement à Saint-Pétersbourg ou Moscou, mais aussi dans les campagnes. Les opérateurs télécom sont très intéressants. Nous aimons beaucoup Wimpelcom, qui pourrait fusionner avec Golden Telecom, le leader des télécommunications en Russie. Wimpelcom va installer la fibre optique à Moscou, et si l’alliance est confirmée, elle permettra des synergies importantes.La grande distribution s’installe dans le pays. La vente au détail reste l’apanage des commerces d’Etat, mais quelques supermarchés commencent à sortir de terre. La concurrence fait rage actuellement pour trouver les bons emplacements, qui seront déterminants par la suite.

Faire des affaires en Russie n’est pas toujours de tout repos… De nombreux chefs d’entreprises subissent des pressions de la mafia. Comment intégrez-vous ce paramètre dans vos choix d’investissement?
La mafia est présente partout où il y a du pétrole. Il peut être dangereux de vouloir faire respecter les contrats. C’est aussi le cas sur le site de Khashagan, au Kazakhstan. Pour éviter ces problèmes, il est plus simple d’investir dans des sociétés liées au Kremlin. Mais la comptabilité des sociétés russes est tout de même plus transparente désormais. La plupart publient des comptes aux normes internationales IFRS.Il faut noter aussi que le management des sociétés russes change. Depuis deux ou trois ans, leurs instances dirigeantes intègrent des Occidentaux. Ceux-ci diffusent des techniques de managements nouvelles, et poussent à l’amélioration de la rentabilité.

Le succès du parti de Vladimir Poutine aux élections législatives, le week-end dernier, est-il un signal fort pour les marchés?
Ces élections ont été un non-événement. L’issue en était attendue. L’enjeu sera peut-être différent lors de l’élection présidentielle, en mars. Il faut tout de même noter que Vladimir Poutine a amorcé des changements économiques dans le pays. Il se montre très directif au niveau industriel. C’est lui aussi qui a décidé d’utiliser la manne pétrolière pour améliorer les infrastructures du pays. La fuite des capitaux observée sous Eltsine a pris fin. La Russie enregistre même des entrées nettes de capitaux désormais. Et les Russes se sentent fiers. Il leur a redonné confiance dans l’avenir. Cela compte. Mais par ailleurs, la population décroît, et l’espérance de vie est faible en Russie.

Est-ce le bon moment pour investir en Russie ?
La Russie résiste mieux que les autres pays émergents à l’évolution du marché américain, auquel elle est moins exposée. Mais personne ne peut prédire aujourd’hui quelle sera l’ampleur des répercussions de la crise du subprime. Cependant, les perspectives de croissance en Russie sont bonnes à moyen terme. Son PIB a augmenté de 7.3% au troisième trimestre. Ce n’est pas négligeable. Avec la libéralisation de l’électricité l’an prochain, et des télécoms, ensuite, le marché russe devrait gagner en profondeur, et devenir moins dépendant des matières premières. Il faut tout de même garder à l’esprit qu’il subsiste un problème de liquidités dans ce pays.


Propos recueillis par Perrine Créquy
10/12/2007 | Mise à jour : 09:31 |
Le Figaro

lundi 10 décembre 2007

Renault poursuit son développement en Russie en mettant la main sur Lada

Au terme de longues négociations, Renault va devenir le partenaire exclusif du premier constructeur automobile russe Avtovaz connu pour sa marque emblématique Lada. L'accord a été signé samedi 8 décembre et prévoit que Renault prenne 25 % du capital d'Avtovaz au premier semestre 2008. Le montant de l'investissement n'a pas été révélé. La présidence du conseil d'administration restera russe mais la direction opérationnelle devrait être assurée par un directeur général proposé par Renault.

Grâce à cet accord, Renault et Nissan qui détiennent environ 8 % du marché verront leur part de marché atteindre quelque 40 %. Avec plus de deux millions de véhicules vendus en 2007 (1,5 million en 2005 et 1 million en 2002), la Russie est l'un des marchés les plus porteurs pour les constructeurs étrangers. Volkswagen vient d'inaugurer son usine de Kalouga d'une capacité industrielle de 150 000 voitures par an. Le constructeur allemand a investi 400 millions d'euros.

Renault n'était pas seul sur les rangs pour reprendre Avtovaz. L'américain General Motors (GM), numéro un du marché russe, a été un temps favori. GM et Avtovaz ont noué un partenariat en 2001 et coopèrent pour produire la Chevrolet Niva. Fiat l'était aussi : à la fin des années 1960, le constructeur avait cédé à l'entreprise russe la licence de fabrication de la Fiat 124, le modèle qui a donné naissance à la gamme Lada.

Célèbre pour ses Lada ainsi que le 4 × 4 Niva, Avotovaz fut longtemps l'une des grandes fiertés de l'industrie automobile soviétique, notamment pour sa robustesse. Mais, au fil des années, les Russes se sont mis à délaisser cette marque mythique. Entre 2005 et 2006, la part de marché de Lada est passée de 51,8 % à 37,5 %. Et, en 2007, selon le cabinet Global Insight, elle devrait tomber à 26 %.

UNE LONGUEUR D'AVANCE FACE À PSA

"Les autorités russes ont senti qu'il fallait un partenaire étranger pour assurer un avenir rentable et la croissance à Lada. Manifestement, notre expérience de redressement en Roumanie de Dacia et celle de Nissan en Chine avec Dong Feng a joué en notre faveur", explique Thierry Moulonguet, directeur financier de Renault.

"Le coeur du projet est avant tout de relancer et d'apporter la technologie Renault sur les moteurs et les boîtes de vitesse Lada", indique-t-il. Mais au-delà, l'usine d'Avtovaz va permettre à Renault et à Nissan de faire face à une demande russe en expansion. Renault - qui possède une nouvelle usine à Moscou depuis 2005 - devrait vendre, en 2007, 100 000 véhicules en Russie. La Logan y est désormais le deuxième véhicule le plus vendu derrière la Ford Focus. Renault a prévu de doubler sa capacité de production moscovite à 160 000 véhicules fin 2009. Et Nissan construit une usine à Saint-Petersbourg.

Avec cet accord, Carlos Ghosn garde non seulement une longueur d'avance face à PSA Peugeot-Citroën qui n'est toujours pas installé en Russie mais il se donne un peu plus les moyens de réaliser les objectifs du plan Renault Contrat 2009 qu'il maintient de façon imperturbable : vendre 800 000 véhicules de plus qu'en 2005, soit 3,3 millions de véhicules chaque année à partir de 2009. En effet, les volumes de ventes de la marque Lada seront consolidés par Renault. M. Ghosn devrait revoir à la hausse ses ambitions et révéler, en février, lors de la présentation des résultats du groupe, un nouvel objectif de ventes du groupe pour 2009.

Nathalie Brafman
LE MONDE | 08.12.07 | 14h10 • Mis à jour le 08.12.07 | 14h10

dimanche 9 décembre 2007

La Société générale susceptible d'être privée du contrôle de Rosbank (Vedomosti)

MOSCOU, 7 décembre - RIA Novosti. Les marchands d'armes russes pourraient empêcher la Société générale française d'avoir le contrôle de la banque Rosbank, note vendredi le quotidien Vedomosti.

Rostekhnologuii, un superholding d'Etat récemment créé, a besoin de sa propre banque et Rosbank pourrait bien faire l'affaire.

Vladimir Potanine et Mikhaïl Prokhorov ont convenu de vendre la banque en juin 2006, ayant annulé l'IPO (Initial public offering). La Société générale a acheté 20% moins une action et a bénéficié d'une option sur l'acquisition d'encore 30% plus deux actions avant fin 2008 pour 1,7 milliard de dollars. A l'heure actuelle, MM. Potanine et Prokhorov contrôlent chacun 34,73% de Rosbank, par le biais d'une compagnie conjointe.

Mais une transaction sous cette forme pourrait être rejetée, affirme le propriétaire d'une banque connaissant M. Prokhorov. Le directeur de Rostekhnologuii Sergueï Tchemezov s'y est opposé. Le groupe public aura besoin d'avoir sa propre banque, et Rosbank, qui a une expérience de travail avec des clients importants, convient on ne peut mieux pour ce rôle, selon l'expert. L'intérêt de Rostekhnologuii pour Rosbank en tant que banque corporative a été confirmé par une source émanant d'une entreprise militaire relevant du groupe public.

Les banques desservant Rosoboronexport (agence russe chargée des exportations d'armement) connaissent de sérieux changements, indique un financier proche de M. Tchemezov. La banque Sberbank est désormais dirigée par Guerman Gref, qui entretient des relations tendues avec Sergueï Tchemezov. Le vice-président du conseil d'administration de la banque VTB Igor Zavialov, qui contrôlait la coopération avec Rosoboronexport, a quitté son poste. La banque Vnesheconombank est devenue un groupe public et ses activités sont à présent trop réglementées. La situation côté banques n'est pas simple, concède un expert de la Banque de développement.

Les militaires, qui possèdent des comptes à Rosbank, ont formulé leurs préoccupations à ses actionnaires. Ils appréhendent que la SG puisse avoir accès à des secrets d'Etat, a expliqué une source appartenant à l'entourage d'un des copropriétaires de la Rosbank. Or, les militaires n'assurent que 6,9% du portefeuille de la banque.

Certains analystes interrogés par le journal ont entendu parler du mécontentement de Rosoboronexport et des problèmes liés à la transaction avec la SG, mais ils doutent qu'elle puisse être modifiée ou annulée. Après que le Service fédéral antitrust et la Banque centrale aient délivré les licences pour l'acquisition du bloc de contrôle, opposer un refus aux Français provoquerait un scandale international, souligne un analyste. Dans un contexte où Vladimir Potanine et Mikhaïl Prokhorov ont besoin d'argent pour achever leur "divorce" [séparation des actifs], cela s'avèrerait dangereux.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti ni avec celle du blog IEDG.

samedi 24 novembre 2007

La Russie pourrait devenir le leader économique mondial uniquement grâce à l'air (Vedomosti)

MOSCOU, 22 novembre - RIA Novosti. La Russie pourrait devenir le leader économique sans même accroître l'extraction d'hydrocarbures ni créer de productions de haute technologie, et cela grâce à l'air, lit-on jeudi dans le quotidien Vedomisti.

Vladimir Gratchev, président du Comite écologique de la Douma (chambre basse du parlement russe), a soumis au parlement un projet de loi proposant d'introduire une institution sur la possession privée de l'air atmosphérique, de même pour d'autres "composantes de l'environnement: la terre, le sol, les eaux naturelles, le monde végétal et le monde animal".

S'octroyer la propriété de l'environnement coûtera cher: le député a l'intention d'évaluer un kilomètre carré de territoire non pollué à 1 milliard de roubles (près de 28 millions d'euros). L'auteur de cette initiative propose d'évaluer l'environnement chaque année et d'inclure son coût dans le PIB du pays.

La proposition est très séduisante. D'après les écologistes, 50% du territoire de la Russie, soit 8,5 millions de kilomètres carrés, ne sont pas pollués. Par conséquent, le capital naturel peut être évalué à 8.500 mille milliards de roubles (plus de 235 mille milliards d'euros), soit 300 fois plus que le PIB russe de l'année dernière et 26 fois plus que le PIB des Etats-Unis (13 mille milliards de dollars).

Comment tracer une frontière dans l'atmosphère, établir les taux d'impôt sur la possession de l'air et la responsabilité dans les cataclysmes atmosphériques? Dans ces conditions, il est facile d'imaginer que les tribunaux seront surchargés de contentieux entre les agents économiques pour la propriété de la pluie.

En règle générale, les richesses naturelles sont considérées comme une partie de la richesse nationale du pays, c'est pourquoi les introduire dans le PIB n'est pas correct, pour ne pas dire plus: ce sont des définitions tout à fait différentes. En évaluant les richesses naturelles, on tient compte ordinairement de la rentabilité. Quant à l'évaluation du préjudice causé à l'environnement - le principal but du projet de loi - des méthodes existent déjà pour cela et sont employées.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti ni avec celle du blog IEDG.

mercredi 21 novembre 2007

Dans 10 ans la Russie pourrait devenir l'une des cinq grandes puissances économiques (Poutine)

MOSCOU, 21 novembre - RIA Novosti. Au cours des dix années à venir, la Russie pourrait devenir l'une des cinq grandes puissances économiques, estime le président russe Vladimir Poutine.

Prenant la parole lors du rassemblement de ses partisans mercredi à Moscou, il a noté que la Russie était déjà revenue au nombre des dix plus grandes économies du monde.

Le PIB russe a progressé de 70% en huit ans, a-t-il précisé.

"La capitalisation globale des sociétés russes - réfléchissez à ce chiffre! - a été multipliée par 30 et même plus depuis", a annoncé le président.

La situation dans la sphère sociale a subi elle aussi des changements radicaux, les salaires réels ont triplé, la mortalité est en baisse, a-t-il ajouté.

"Nous avons complètement amorti nos dettes extérieures, accumulé de considérables ressources matérielles et financières, nous sommes déjà de taille à affecter des centaines de milliards de roubles pour le relèvement des retraites et des salaires, à l'innovation industrielle, à la promotion de la recherche, de l'éducation et de la santé publique", a noté le président.

Mais, a-t-il poursuivi, ce plan, pour lequel toutes les ressources nécessaires existent, pourrait être réalisé uniquement en cas de victoire du parti Russie unie aux élections.

"Pour que tout ce que nous avons tracé ne soit pas noyé dans le bavardage populiste, il nous faut remporter ensemble la victoire aux élections", a encore souligné le président russe.

La croissance russe s'établira cette année à 7,4% contre les 7,3% attendus (vice-ministre du Développement économique)


MOSCOU, 21 novembre - RIA Novosti. La progression du PIB russe en 2007 s'établira à 7,4% contre les 7,3% prévus initialement par le ministère du Développement économique (MERT), a annoncé mercredi le vice-ministre du Développement économique, Andreï Belooussov.

"Au vu des résultats de l'année, nous atteindrons une croissance à hauteur de 7,4%", a-t-il noté. Dans un premier temps, le gouvernement russe tablait sur une croissance de 6,5% pour 2007. Récemment, le MERT a revu à la hausse les prévisions gouvernementales, à 7,3%.

Cette précision est liée à la dynamique courante de la progression du PIB, a expliqué le vice-ministre. La ministre du Développement économique, Elvira Nabioullina, avait annoncé au début de la semaine lors d'une rencontre du président avec le gouvernement que le PIB russe avait déjà progressé de 7,4% sur un an entre janvier et octobre.

Le vice-ministre n'a pu communiquer aux journalistes les chiffres exacts de la croissance en octobre, précisant toutefois qu'elle avait été "substantiellement plus élevée qu'en septembre". En septembre, la croissance s'est établie à 5,6%, atteignant 7,4% entre janvier et septembre.

"Pour la majeure partie, cela s'explique par la progression de l'industrie", a noté le vice-ministre.

Le directeur du Département des prévisions du ministère, Andreï Klepatch, avait annoncé auparavant que le PIB russe pouvait progresser de 7,3% à 7,4% cette année. La révision à la hausse des prévisions de croissance s'appuie, selon lui, sur les cours record du pétrole.

La Banque de Russie, elle, évalue encore plus haut le potentiel de croissance, la progression du PIB pouvant atteindre cette année 7,5%, selon son numéro deux, Andreï Oulioukaïev.

Russie : le solde positif des échanges pourrait s'établir à 130 mds USD en 2007 (expert)


MOSCOU, 21 novembre - RIA Novosti. Le solde positif de la balance commerciale russe en 2007 pourrait s'élever à 129-130 milliards de dollars, a déclaré mercredi le directeur du Département des prévisions du ministère du Développement économique et du Commerce, Andreï Klepatch.

"En 2006 ce solde s'est élevé à près de 140 milliards de dollars. Cette année, nous estimons qu'il se chiffrera à 129-130 milliards", a indiqué l'expert ministériel lors d'une conférence de presse à Moscou.

Le solde positif se ramènera à 13 milliards en 2010 pour devenir négatif en 2011, a-t-il encore annoncé.

lundi 19 novembre 2007

Les Russes ont définitivement adopté le Beaujolais nouveau

Par Anastassia Elaïeva, RIA Novosti.

La fête du Beaujolais nouveau a été largement célébrée à Moscou.

Des restaurants français ont activement invité les Moscovites à déguster le millésime 2007 de ce vin bien connu. Edouard Bogdanov a été parmi ceux qui ont accepté cette invitation. Il a pu découvrir à la "Crêperie de Paris" au centre de Moscou les notes framboisées du Beaujolais nouveau 2007.

"C'est la première fois que je goûte du Beaujolais", avoue Edouard. Et c'est la raison pour laquelle de plus en plus de Moscovites s'intéressent à la fête du Beaujolais nouveau, affirme Maria Komarova, directeur adjoint du réseau commercial Crêperie de Paris. Pour nos clients, il s'agit justement d'élargir leurs horizons, poursuit-elle. Les gens veulent essayer quelque chose de nouveau et d'intéressant, explique Mme Komarova.

Ceux qui préfèrent le faire en famille ou entre amis trouveront des bouteilles de Beaujolais nouveau dans pratiquement tous les magasins d'alimentation de Moscou.

Les viticulteurs français envisagent d'acheminer au total à Moscou quelque 200.000 bouteilles de Beaujolais nouveau. L'année dernière, la Russie a été le neuvième importateur de Beaujolais (182.000 bouteilles), très loin, bien entendu, derrière le Japon avec ses 11.500.000 bouteilles, mais restant tout de même parmi les clients les plus importants des vignerons du Rhône.

Cette année, la fête du Beaujolais nouveau a été organisée à Moscou avec le concours de la préfecture de l'Arrondissement central de la capitale russe. Des représentants de l'Union interprofessionnelle des vins du Beaujolais et de l'ambassade de France ont assisté à l'inauguration de la fête.

"On sent bien que c'est un vin jeune, car son goût n'est pas encore stable", raconte Edouard Bogdanov. "Mais ce vin est une personnification de la jeunesse, ce qui est toujours merveilleux", ajoute-t-il. Il boit son premier verre en l'honneur de la France, le pays qui a offert ce vin au monde et qu'il rêve de visiter.

La politique marketing des distributeurs de Beaujolais nouveau peut de plein droit être qualifiée de géniale: un vin modeste et aigrelet s'est fait une place de choix dans le peloton de tête des vins de France les plus exportés. L'attirance des Russes pour ce vin s'explique principalement par leur intérêt pour la France et leur amour des nouvelles fêtes.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

vendredi 16 novembre 2007

Russie: l'exode des cerveaux s'est arrêté (vice-premier ministre Ivanov)

MOSCOU, 16 novembre - RIA Novosti. L'exode de spécialistes russes hautement qualifiés s'est arrêté, estime le premier vice-premier ministre Sergueï Ivanov.

"Ces dernières années, la tendance à la fuite des cerveaux (de la Russie vers l'étranger) s'est essoufflée", a-t-il indiqué s'adressant vendredi aux étudiants de l'Institut de l'acier et des alliages de Moscou. Bon nombre de spécialistes qualifiés qui étaient partis pour l'étranger sont déjà revenus, a-t-il ajouté.

Selon lui, cela s'explique par l'apparition en Russie de nouveaux emplois avec les salaires correspondants.

Autre circonstance non négligeable, les gens préfèrent vivre dans leur pays d'origine et baigner dans sa culture et son état d'esprit, a-t-il ajouté.

Plus de touristes russes à l'étranger, moins de touristes étrangers en Russie

MOSCOU, 16 novembre - RIA Novosti. Le nombre de touristes russes passant leurs vacances à l'étranger a augmenté de 20% entre janvier et septembre 2007, a fait savoir le directeur de l'agence fédérale russe du tourisme Rostourism, Vladimir Strjalkovski, lors d'une conférence de presse à RIA Novosti.

"Au cours des neuf premier mois de l'année, 26,3 millions de Russes se sont rendus à l'étranger, et 7,2 millions de voyages touristiques ont été réalisés hors des frontières russes. En 2006, ce chiffre était inférieur à six millions", a-t-il indiqué.

Selon M. Strjalkovski, les destinations qui ont connu la plus forte hausse sont la Thaïlande (75% de plus), l'Egypte (50%), la Turquie (27%), la Hollande (40%) et l'Autriche (41%).

En revanche, le nombre de touristes étrangers ayant visité la Russie au cours de la même période a chuté de 11%.

"De janvier à septembre 2006, plus de deux millions de touristes étrangers avaient visité la Russie. Ils n'ont été que 1,8 million sur cette même période en 2007", a conclu le directeur de Rostourism.

mercredi 14 novembre 2007

Adhésion de la Russie à l'OMC: les milieux d'affaires russes préoccupés par la position de l'UE

MOSCOU, 14 novembre - RIA Novosti. Les milieux d'affaires russes sont préoccupés par la position de l'Union européenne sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a déclaré mercredi le président de l'Union des industriels et des entrepreneurs russes (RSPP) Alexandre Chokhine lors d'une conférence de l'Association européenne des affaires (EBA).

"Les milieux d'affaires russes sont préoccupés par la position de l'UE sur l'entrée de la Russie à l'OMC. A en juger d'après les récentes rencontres russo-européennes, dont le sommet Russie-UE au Portugal, les vieilles contradictions refont surface", a constaté M. Chokhine.

Il estime que la position de l'UE sur cette question revêt un caractère politisé.

Selon les informations publiées antérieurement, lors du sommet Russie-UE tenu fin octobre au Portugal, les représentants des milieux d'affaires russes avaient constaté l'absence de progrès aux négociations sur l'adhésion de la Russie à l'OMC. Le directeur du Département des négociations commerciales au ministère du Développement économique et du Commerce Maxime Medvedkov avait alors déclaré qu'il trouvait légitime la demande adressée par les hommes d'affaires russes aux responsables politiques européens, à savoir dresser une liste exhaustive des exigences que la Russie doit remplir pour pouvoir adhérer à l'OMC et établir des délais concrets de cette adhésion.

samedi 10 novembre 2007

Du vin français à la russe


Par Anastassia Elaïeva, RIA Novosti.

La Russie tend à consommer de plus en plus de vins de luxe, constate IWSR (International Wine and Spirit Record). La demande de vins de bonne qualité (plus de 7 euros la bouteille) a bondi de 161,33% entre 2000 et 2005.

Une classe de consommateurs optant pour des produits de haute qualité est en train de se développer en Russie. C'est à elle que s'adresse la compagnie Château le Grand Vostock, premier établissement vinicole russe en cycle complet, créé avec le concours de spécialistes français et placé sous leur contrôle.

La construction d'un château sur les terres d'un ancien sovkhoze situé dans le sud du territoire de Krasnodar a commencé en mai 2003. N'ayant pas trouvé d'équivalent adéquat dans la langue russe, les dirigeants du projet ont décidé de conserver le terme français de "château" pour désigner le site, explique Elena Denissova, directrice financière de Château le Grand Vostock.

Afin d'assurer une qualité exclusive aux vins, les auteurs du projet ont invité en Russie le Français Franck Duseigneur, spécialiste de la viticulture et du vin, à présent directeur général de la compagnie. Lui et ses collègues français, dont sa femme Gaël Brullon, vivent sur le site afin de pouvoir surveiller en permanence l'ensemble du processus, de la culture de la vigne à la mise en bouteille.

Pour les jeunes Français, qui n'avaient que 27 ans en 2003, c'était une belle occasion de participer à un projet extraordinaire et de réaliser leur souhait de découvrir un nouveau terroir, ainsi que la culture russe qui leur était jusqu'alors inconnue, raconte le viticulteur en chef de l'entreprise. C'est l'adoption du terme de "château", supposant à la fois la gestion des vignes et de l'entreprise vinicole, qui constitue le principal élément novateur du projet, selon lui.

Les Français aiment la vigne et la chérissent comme un enfant. Or, toute une série de procédés techniques proposés par les spécialistes de France ont été mal accueillis au premier abord par les employés russes qui n'arrivaient pas à percevoir le sens des innovations françaises et allaient même jusqu'à organiser des grèves, soupçonnant le viticulteur de vouloir diminuer les vendanges. Ils ne comprenaient pas par exemple pourquoi ils devaient attendre le froid pour cueillir le raisin. Mais le résultat les a entièrement convaincus.

En juillet 2004, la première dégustation du vin de ce château a eu lieu à Moscou, rassemblant oenologues et journalistes experts en la matière. Personne ne pouvait croire à l'existence d'un vin premium en Russie, poursuit Elena Denissova. Le deuxième élément suscitant une certaine méfiance était la remise en question de la stabilité de l'entreprise.

Le principal problème du marché du vin russe est lié à la mauvaise connaissance du consommateur des bases de l'industrie vinicole et à l'absence de culture vinicole, offrant par la même occasion un libre champ d'action aux producteurs et fournisseurs malhonnêtes. Néanmoins, il est évident qu'une nouvelle classe de consommateurs, souhaitant acheter du vin de qualité à un prix raisonnable, est en train de naître.

Les informations sur la structure des ventes de la compagnie illustrent parfaitement cette tendance positive. En 2005, les vins bon marché représentaient 70% des produits vendus. Les deux vins les plus chers (plus de 300 roubles, soit plus de 10 euros) ne concernaient que 10 à 13% des ventes. Aujourd'hui, cette catégorie de vins représente 30% des ventes mensuelles. "Nous coopérons avec Château le Grand Vostock depuis déjà trois ans, indique Manvel Tadevossian, administrateur du restaurant moscovite Godounov. Leurs vins se distinguent par leurs qualités gustatives. C'est un vin excellent qui plaît à nos clients".

L'année 2006 a été une véritable aubaine pour les producteurs russes en raison de la suspension des livraisons de vins et des ingrédients nécessaires à sa fabrication en provenance de Moldavie et de Géorgie. Dans ces conditions, les ventes de Château le Grand Vostock ont augmenté de 200%. Cependant, cette année record a été assombrie par de fortes gelées qui ont détruit la plupart des vignes dans le territoire de Krasnodar. A cause de ces gelées, les producteurs russes ont dû recourir à des importations à grande échelle de matières premières de très mauvaise qualité. La compagnie, quant à elle, n'a pas eu besoin de recourir à des importations au moment de la crise, utilisant les vendanges des années précédentes. Cependant, en raison des gelées de 2006, la compagnie frôle actuellement le déficit.

Pour remédier à ce problème, le Château le Grand Vostock a dû, comme la plupart des vignerons en 2006, acheter des matières premières. Mais l'entreprise n'a pas opté pour des importations d'Iran ou du Chili, choisissant plutôt de se tourner vers la France. A cause de la crise de surproduction et des subventions européennes versées aux viticulteurs, les prix des vins (hormis les vins de luxe) sont inférieurs au prix de revient. Le fournisseur que Franck Duseigneur a sélectionné a choisi des vins qui correspondaient aux préférences gustatives des Russes: légers, fruités avec des notes florales.

La compagnie continue de se développer sur le marché russe. En 2007, le volume des ventes du Château le Grand Vostock a augmenté de 50% par rapport à l'année record de 2006. Chaque année, l'entreprise plante de nouvelles vignes, dont 100 hectares en 2007. La production de la compagnie devrait doubler d'ici 2011. Par ailleurs, rappelons pour mémoire qu'en 2014, la ville de Sotchi qui se trouve non loin du site, accueillera les Jeux Olympiques d'hiver...

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

lundi 5 novembre 2007

L'Etat doit soutenir la production électronique russe (Ivanov)

MOSCOU, 2 novembre - RIA Novosti. Le premier vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a déclaré lors d'une réunion de la commission gouvernementale pour l'Industrie, les Transports et les Hautes technologies que l'Etat devait soutenir l'industrie électronique russe.

"Le soutien par l'Etat de la production électronique russe, aussi bien sur le marché intérieur qu'à l'étranger, doit constituer une priorité", a annoncé M. Ivanov, avant d'affirmer que l'industrie électronique russe traversait actuellement une crise structurelle et technologique.

"Les compagnies russes se contentent en général de vendre au détail ou d'assembler les équipements étrangers. Les rares fabricants russes ne sont pas en mesure de soutenir la concurrence avec les fournisseurs étrangers car ils sont incapables d'assurer une production de masse et un service après-vente de qualité", a-t-il déclaré.

L'absence de coordination entre les activités des organes gouvernementaux chargés de la réalisation des différents programmes de développement des hautes technologies est également en cause.

Par exemple, les programmes de développement des nanotechnologies et des composants de base réalisés par le ministère de l'Industrie et de l'Energie et par le ministère de l'Education et de la Science sont insuffisamment liés aux programmes de création de parcs technologiques et de zones économiques spéciales d'innovation technique du ministère des Télécommunications et du ministère du Développement économique, a expliqué M. Ivanov.

"Les compagnies russes ne pourront concurrencer les entreprises étrangères, occuper des positions de premier plan sur le marché et recevoir des revenus importants que quand elles seront capables de vendre une production constituant un étalon", a conclu M. Ivanov.