Affichage des articles dont le libellé est sciences. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sciences. Afficher tous les articles

dimanche 6 juillet 2008

Grand Nord : en attendant le dégel

Comment se préparer à la fonte du pôle Nord pour ne pas rater les bonnes affaires ? En ce début d'été, dans la salle de conférences du grand hôtel de Bodø, au nord du cercle polaire, la question du jour est crue. Il y a là des armateurs, des chercheurs, des pétroliers, des militaires, des écologistes. Et tout le monde a en tête les projections américaines, selon lesquelles un quart des ressources non prouvées en pétrole et en gaz se trouveraient en zone arctique. Ressources dont les Russes seront les principaux bénéficiaires.


Que se passera-t-il dans vingt ou trente ans pour cette région du Grand Nord norvégien, allant des îles Lofoten jusqu'à la frontière russe bordée par la mer de Barents, en passe de devenir le nouvel eldorado européen du fait des bouleversements climatiques ? Depuis cinq ans, le gouvernement norvégien en a fait sa zone de développement prioritaire. A Hammerfest, commune située non loin du cap Nord, le premier gisement de gaz offshore de la zone arctique, Snø-Hvit ("blanche neige") y est déjà en exploitation. Tandis que les éleveurs de rennes lapons voient leur pratique traditionnelle condamnée à court terme.
Dans la toundra du Finnmark, en effet, il n'y a normalement pas plus de 20 ou 30 cm de neige sèche pendant l'hiver, ce qui fait que les rennes y trouvent facilement leur nourriture. "Mais quand il y a plus de neige et de pluie qui se succèdent, cela fait des couches de glace que les rennes n'arrivent pas à casser", constate Steinar Bidne, inspecteur de la police des rennes chargé de la prévention des conflits liés à leur élevage. Ce fut le cas ces derniers hivers. Et comme l'explosion prévisible du tourisme et de l'agriculture empiétera de plus en plus sur les zones traditionnelles de transhumance des rennes, les derniers d'entre eux seront bientôt élevés dans des fermes tout au long de l'année, nourris de granulés et de foin.
UN GRAND BOULEVERSEMENT

La disparition des migrations de cervidés sur les vastes étendues de toundra fera également les beaux jours de l'industrie minière. De quoi assurer la richesse de la communauté lapone, sans lui éviter pour autant une grave crise identitaire, similaire à celle qu'ont connue les chasseurs du Groenland ou les éleveurs nenets de Sibérie.
Tenants de l'agriculture et de l'industrie minière d'un côté, opérateurs touristiques tentant de "vendre" les derniers espaces sauvages d'Europe de l'autre : d'ici quelques décennies, les traditionnels conflits liés au renne auront donc été remplacés par des tensions d'une tout autre nature. Avec, en toile de fond, l'essor des villes du Grand Nord, qui se fera au fil des arrivages de personnels des industries pétrolières, gazières et minières.
Car le grand bouleversement, bien sûr, viendra de l'ouverture de la route maritime du pôle Nord, qui permettra durant une partie de l'année de relier l'Europe et l'Asie selon un trajet deux fois plus court. Une partie de l'année seulement : même dans les projections pessimistes, les chercheurs estiment que la banquise se reformera en hiver.
"Il faudra sans doute s'attendre à de plus grosses variations des courants", prévient Arild Moe, directeur adjoint de l'Institut Fridtjof Nansen. Et aussi, puisque la fonte du pôle ne sera que saisonnière, à un risque accru en provenance des icebergs - d'autant qu'avec une mer plus ouverte et un climat plus changeant, les tempêtes se multiplieront. Assurances plus chères, équipages renforcés pour des surveillances plus pointues, nouveaux tankers plus petits et donc plus nombreux : autant de surcoûts avec lesquels devront compter les compagnies maritimes, qui estiment peut-être un peu vite que l'ouverture de la route transpolaire leur fera faire de grosses économies... Il faudra par ailleurs développer de nouvelles générations de brise-glace plus performants que ceux existant aujourd'hui.
NOUVELLE DONNE

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle donne aura un impact considérable sur la région. L'archipel des Svalbard, situé sur cette route Europe-Pacifique via le pôle Nord, deviendra le portail de l'Arctique, le centre opérationnel de toute la zone. Longtemps considéré comme la dernière frontière de la civilisation, l'archipel norvégien constituera alors un point central de l'économie septentrionale.
D'ores et déjà, les compagnies pétrolières et gazières internationales y ont ouvert des bases opérationnelles. La Norvège y est responsable des services de maintenance portuaire et des équipes de secours équipées d'hélicoptères et de brise-glace. Aux Svalbard siégera également une future Commission internationale du pôle Nord, chargée de régler les contentieux. Et les centres de recherche qui s'installeront sur l'archipel sonderont la région vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour établir les cartes de la banquise en temps réel, estimer les déplacements d'icebergs et recalculer les routes maritimes.
Bonne nouvelle, enfin, pour les pêcheurs de morue : le développement de services de sauvetage en mer adaptés aux conditions arctiques devrait leur offrir une nouvelle chance. L'espèce a récemment disparu le long des côtes du Finnmark et des Lofoten, victime de la surpêche et des prises illégales. On la trouve maintenant plus au nord, autour de l'archipel des Svalbard et au-delà, où le stock s'est reconstitué grâce à une meilleure traçabilité et à la surveillance menée par les patrouilles de gardes-côtes. Des patrouilles russo-norvégiennes, à l'image des nouvelles alliances géopolitiques qui vont se nouer ici. Un nouveau Moyen-Orient, peut-être, mais où l'on parlera russe.
Olivier Truc Bodø (Norvège), envoyé spécial
Le Monde

samedi 21 juin 2008

En Russie, la Française et les loups

Crédits photo : Antonio PISACRETA/ROPI-REA
Depuis trois ans, une jeune chercheuse strasbourgeoise vit seule avec des loups dans la taïga russe, à 500 kilomètres de Moscou. Une expérience hors du commun, loin de la civilisation, pour cette femme passionnée par l'étude des carnassiers.
Garée le long de l'isba, en pleine taïga russe, la vieille Golf couverte de poussière intrigue, avec son immatriculation «67», du Bas-Rhin. La voiture, venue d'Alsace, ne bougera plus. Sa jeune conductrice, Laetitia Becker, a trouvé son bonheur dans la forêt boréale, à 500 km à l'ouest de Moscou. Seule, ou presque, parmi les loups. Cela fait trois ans que Laetitia la Strasbourgeoise, 25 ans, partage sa vie avec les fascinants carnassiers. Chaque matin, elle retrouve sa meute dans l'enclos, dissimulé au cœur de la forêt. Depuis dix mois, elle suit une portée de sept louveteaux confiés par un chasseur à la station biologique locale dirigée par Vladimir Bologov. Sept petites boules de poil brun, nourries par Laetitia et Vladimir. Pour les préparer à leur entrée dans la vie sauvage, l'étudiante française leur fait faire de longues promenades. La jeune fille, vareuse kaki et pantalon de treillis, a le pas leste d'un coureur des bois. La démarche est masculine. Ses mains sont celles d'un travailleur, façonnées par le grand air. Un contraste avec son beau visage orné de taches de rousseur et illuminé par des yeux bleus, clairs comme ceux d'un husky. «Je suis tombée amoureuse de la forêt. Quand on est dedans, c'est dense, c'est grand, profond.» Le coup de foudre l'a frappée il y a quatre ans. L'étudiante s'était inscrite à un stage d'écovolontaire (1) pour un mois. Des dizaines de jeunes Européens défilent tout au long de l'année dans le village de Boubonitsy pour participer à des programmes scientifiques d'observation et de recensement des ours et des loups. Laetitia, elle, est revenue. Et restée. «J'ai toujours aimé les animaux. Les grands mammifères surtout, les prédateurs.» La petite Alsacienne loue pour une bouchée de pain une maison traditionnelle, une isba centenaire abandonnée pendant dix ans. Pas d'eau courante. Laetitia remplit ses seaux dans la rivière voisine, été comme hiver. Elle se chauffe au bouleau. Un poêle massif en brique trône dans chacune de ses deux pièces spartiates. Les questions de citadin se bousculent : «Vous n'avez pas peur de vivre seule ici ? Comment faites-vous sans eau ? Sans téléphone ? Et s'il vous arrive quelque chose ?» Invariablement, Laetitia y oppose son rire joyeux. «Mes parents et mes amis ne sont pas très étonnés de me voir atterrir dans un endroit pareil.» Elle revendique son goût de la solitude. Son besoin de nature et de grand air. Ce n'est pas génétique : Cécilia, sa sœur jumelle, fait du marketing à Lille. «Moi, je ne peux pas rester plus de deux jours dans un bureau.» Lorsqu'elle rentre à Strasbourg, une fois par an, au bout de deux semaines, elle étouffe. «Je me verrais bien vivre ici toute ma vie, y fonder une famille.» Pour la beauté de l'hiver, le soleil orange de l'automne ou les verts éclatants du printemps.
Pour sa sécurité, Thalys veille. Un magnifique chien des Pyrénées. «Je lui parle comme à un ami.» Laetitia ne fait pas de longues phrases. Elle les réserve à son journal de bord, écrit à la main, ou à ses e-mails, qu'elle prépare sur son ordinateur avant de les envoyer depuis la ville de Toropets, deux fois par mois. Pour l'hygiène, il y a le bania sauna russe , tous les samedis, chez Vladimir, dont la famille habite un hameau voisin, à dix kilomètres. C'est devenu un rituel, un moment de sociabilité avec quelques femmes du coin. «En hiver, j'adore me rouler dans la neige en sortant du bania, ça fouette le sang.» Une vraie Russe. Le hameau de Laetitia compte cinq habitants. Ses contacts avec ses voisins, âgés, sont limités, même si elle les conduit parfois à Toropets, à une demi-heure, au bout de la piste en terre. Alexeï, 73 ans, un des voisins de la «petite Française», est bien trop pauvre pour avoir une voiture. Il touche 2 000 roubles (55 euros) mensuels de retraite. La campagne russe se vide de ses habitants. Entre Toropets et le refuge de Laetitia se succèdent les villages fantômes, isbas aux volets cloués et masures en ruines. Tous les jeunes fuient à la ville. Le mode de vie des derniers habitants n'a guère évolué depuis Tolstoï. Les voisins de Laetitia peuvent passer deux semaines sans sortir et sans dessoûler. La langue russe a un terme pour décrire ces plongées éthyliques : zapoï. «Ce que je ressens de ce pays, observe Laetitia, c'est qu'il y a des gens très, très riches et des gens très, très pauvres.» Paradoxalement, dans sa retraite à l'écart de la civilisation, la jeune fille, qui était «bio, bio, bio», s'ouvre davantage au monde des humains. Laetitia vit grâce à sa bourse de thèse : 500 euros. Ses besoins quotidiens sont frugaux. Les menus alternent entre pommes de terre, riz, pâtes, millet et sarrasin. Très peu de fruits et légumes en hiver. «Heureusement qu'il y a le chocolat que mes parents m'envoient par colis, avec les livres.» Le sujet de sa thèse consiste à décrire la meilleure méthode de réhabilitation des louveteaux. Pour en mesurer les résultats, elle souhaiterait équiper ses cobayes de colliers GPS. Elle recherche encore les financements. En Russie, le loup a mauvaise réputation. Vladimir Bologov, le responsable de la station biologique, qui observe en parallèle une autre meute, s'insurge. Depuis trente ans qu'il vit dans cette forêt, ce fils d'un spécialiste du loup et gendre d'un expert en ours n'a jamais entendu parler d'homme victime du carnassier. «On accepte chaque année dans le pays que des touristes soient tués par des ours, mais si jamais un homme est attaqué par un loup, c'est toute une histoire.»Canis lupus est classé en Russie comme animal nuisible. On peut ainsi le chasser toute l'année, même pendant la période de reproduction. L'espèce il y aurait 25 000 individus dans toute la Russie contre 200 000 ours n'est pas en danger, dit-il. Un classement comme gibier, avec des périodes d'interdiction de chasse, serait suffisant. Les loups de Laetitia chassent le petit gibier. Fait peu connu, observé par la biologiste française, les loups raffolent de baies et de pommes. Quant au hurlement à la lune, ce serait un mythe. Laetitia peut passer dix heures d'affilée à observer ses loups. En silence. Pas question de leur parler. «Ce ne sont pas des chiens. Il ne faut pas les habituer à la voix de l'homme.» Dans quelques semaines, Laetitia ne refermera pas l'enclos. Elle appréhende déjà la séparation. Ses yeux bleus s'embuent. «Tout ce que j'espère, c'est qu'ils survivront.» La meute de la saison précédente a choisi elle-même l'instant du retour à la vie sauvage. Un jour, les loups sont partis lors de la promenade, pour ne jamais revenir. Sans dire au revoir. Libres. Comme Laetitia.
Le Figaro
De notre correspondant en Russie, Fabrice Nodé-Langlois19/06/2008 Mise à jour : 13:33

samedi 15 décembre 2007

Un robot logiciel russe pour draguer les filles en ligne

Coutumier des cybercafés, votre prochaine séance de cyberséduction pourrait avoir pour interlocutreur/trice non pas un humain passionné, mais un... ordinateur. Et tout porte à croire que ce dernier cherchera bien plus des données personnelles qu'à conquérir votre coeur. Cette confusion des sentiments provient d'un site CyberLover.ru, mettant à disposition un logiciel susceptible de simuler une séance de cyberflirt avec 10 femmes simultanément.

La triste réalité, c'est PC Tools, qui la découvre en démontrant que ce logiciel, entre les mains de personnes malintentionnées, permettrait de collecter des informations personnelles. Possibilité dont le site se défend, évidemment. Uniquement disponible en Russie, il devrait être mis sur le marché à l'occasion de la Saint Valentin... « Pas une seule fille n'a réalisé pour l'heure qu'elle s'entretenait avec un programme », précise le site. Élément flatteur pour la conversation de la gent masculine.

Mais ledit programme ne prendrait pas que les femmes dans ses codes. Il peut être modifié pour s'intéresser aux hommes, les convaincre de visiter un site Web tiers, donner leur numéro de téléphone... ce que PC Tools appelle tout bonnement « une organisation horriblement bien gérée ». Particulièrement si l'on prend en compte que le programme peut changer de langue également.

Sergei Shevchenko, Senior Malware Analyst pour PC Tools poursuit son analyse : « En tant qu'instrument permettant à des pirates de réaliser des arnaques semblables, CyberLover prouve un niveau jamais atteint de technologie. Ça a recours un discours extrêmement intelligent et très perfectionné pour cibler des usagers du net. » En fait, il semblerait même que ce logiciel puisse « faire exactement ce que les usagers font normalement lorsqu'ils sont en ligne, mais de façon automatisée et préprogrammée ».

Pour CyberLover, le logiciel « entretient un dialogue avec une personne, mais ne cherche pas à pirater [...]. Si une personne est à même de livrer des informations personnelles à une autre, avec laquelle elle chatte depuis cinq minutes en tout et pour tout, alors oui dans ce cas une mauvaise utilisation peut être possible. »

Rédigée par Nicolas.G le samedi 15 décembre 2007 à 09h12 (9840 lectures)
Source : PCInpact.com
http://www.pcinpact.com/actu/news/40723-CyberLover-Russie-programme.htm

dimanche 9 décembre 2007

La science et les technologies russes au jour le jour


Biopuces/ protection des forêts/ organismes unicellulaires/ satellites

Des biopuces au service de la santé

Les chercheurs de l'Institut de biologie moléculaire (IMB) de l'Académie des sciences russe travaillent depuis plus de vingt ans à la création de micropuces biologiques capables d'établir un diagnostic efficace et rapide de la tuberculose et autres affections. Une société - Biochip-IMB - a été créée auprès de cet Institut afin de fabriquer des micropuces russes. Le laboratoire de micropuces biologiques de l'IMB vient d'être primé à l'échelle fédérale.

"La principale particularité des micropuces biologiques est de pouvoir réaliser des analyses parallèles et massives d'un matériau biologique", a expliqué le 15 novembre un des collaborateurs de l'IMB, Dmitri Kaïdounov, dont les propos sont rapportés par le site informnauka.ru. Une biopuce se présente sous la forme d'une plaque de verre sur laquelle se trouve une multitude de microcellules, chacune d'entre elles étant une sorte d'éprouvette miniature dans laquelle a lieu une réaction. Dans les cellules se trouvent des sondes ADN, et chacune est capable de discerner n'importe quel fragment d'ADN du patient. Le matériau biologique - une goutte de sang ou de tout autre liquide biologique - est placé sur la plaque de verre et dans les microcellules se produit une interaction entre la sonde ADN et le secteur ADN qui lui est complémentaire, autrement dit une sorte d'hybridation: ils s'associent, un peu comme une clé et une serrure. Si une réaction a lieu, elle provoque une luminescence dans la cellule, que l'on met en évidence grâce à un analyseur, le Chipdetector.

La toute première biopuce a été élaborée par les chercheurs de l'IMB pour détecter diverses formes de tuberculose. Les mycobactéries, perfides, mutent très rapidement et deviennent imperméables aux préparations médicales. Pour savoir comment traiter un patient, il faut déterminer exactement quelle forme mutante d'agent l'a contaminé. La biopuce s'avère dans ce cas tout simplement irremplaçable, car elle permet d'éviter de longues analyses en apportant une réponse immédiate, en une seule analyse. Ce sont les sondes ADN qui mettent en évidence les particularités des mycobactéries.

"Le coût d'une analyse réalisée à l'aide de nos biopuces est d'environ 500 roubles, une somme très nettement inférieure au coût des techniques étrangères analogues", commente le docteur en sciences biologiques Viktor Barski, directeur général de Biochip-IMB. Nous produisons actuellement entre 1.500 et 2.000 biopuces par mois, et nous prévoyons de porter ce chiffre à 3 ou 4.000. Bien que la demande pour cette méthode de diagnostic soit beaucoup plus élevée."

Outre les biopuces pour la tuberculose, les chercheurs ont également créé d'autres types de biopuces de diagnostic. Elles permettent de détecter des perturbations chromosomiques lors de leucoses, d'analyser la diversité des virus de la grippe (grippe aviaire comprise), de mettre en évidence des agents de l'herpès, de l'hépatite B, du mycoplasma, du cytomégalovirus chez les femmes enceintes et les nourrissons, ainsi que la prédisposition aux affections oncologiques (notamment au cancer du sein) et cardio-vasculaires. Elles permettent aussi de déterminer le groupe sanguin et de mettre en évidence une intolérance envers divers médicaments. Il est vrai que pour l'instant toutes ces biopuces ne sont pas certifiées. Il est particulièrement difficile, explique Viktor Barski, de faire certifier des biopuces permettant d'établir une prédisposition: le patient pouvant tomber malade ou non, des statistiques colossales doivent être accumulées pour que cette méthode puisse recevoir une application clinique. Pour l'instant on l'utilise en complément avec d'autres, afin de confirmer des diagnostics.

Les biopuces pour la tuberculose sont utilisées dans 20 centres tuberculeux de Russie. Parmi les partenaires et commanditaires de l'Institut de biologie moléculaire figurent l'Institut de virologie de l'Académie des sciences médicales de Russie et un hôpital français de Toulouse (avec lequel est développée la production de biopuces pour l'hépatite C). Des biopuces et des équipements sont livrés à la Biélorussie, l'Ukraine, la Kirghizie, la Corée du Sud et au Brésil. Des tests cliniques sont menés aux Etats-Unis.

La "farce" qui compose les biopuces - les sondes ADN - est produite en milieu stérile dans une salle du Laboratoire de micropuces biologiques. Dans une autre salle fonctionnent en continu des robots qui, sous le contrôle d'un ordinateur, placent ces sondes dans les microcellules. Cette production automatisée fait l'objet d'une surveillance sur écran. Une fois qu'elles ont été contrôlées, les biopuces sont prêtes à fournir des diagnostics sûrs. A la différence des médecins, elles ne se trompent jamais.

Quand l'homme fait appel à l'écureuil

L'animal peut parfois s'acquitter de tâches que l'homme peine à accomplir. La revue Lesovedenie, reprise par l'Agence en ligne informnauka.ru, a récemment rendu compte de la manière dont les écureuils, "à la demande de l'homme", étaient capables de reconstituer des forêts de conifères.

Les écureuils de Mandchourie peuvent être amenés par l'homme à restaurer des cédraies au sein de massifs d'arbres à larges feuilles, rapportent des spécialistes de la station Gornotaïejnaïa et de l'Institut de biologie des sols de la section d'Extrême-Orient de l'Académie des sciences russe. Et ils s'acquittent de cette tâche bien mieux que l'homme.

Victimes aussi bien des incendies que des déboisements, les forêts de résineux de la région du Primorié (Extrême-Orient russe) sont remplacées par des forêts de feuillus, qui sont elles-mêmes victimes des incendies et finissent par dégénérer peu à peu. Il importe donc de retrouver les précieuses essences de résineux, et notamment le pin de Corée, appelé également cèdre de Corée. Les exploitations forestières s'emploient, année après année, à planter des pinèdes, mais leurs efforts ne sont pas couronnés de succès. C'est dans ce contexte que des chercheurs se sont rappelés que les écureuils vivaient depuis des millénaires aux côtés des forêts de conifères de Corée, se nourrissant de leurs graines. Durant tout ce laps de temps, les écureuils ont appris à se constituer des réserves, et le cèdre s'est en quelque sorte habitué à ce que ses graines soient "plantées" ainsi. Dans ce contexte, l'utilisation du travail des animaux peut s'avérer plus efficace que le travail de reboisement effectué par l'homme.

Pendant plusieurs années, les chercheurs ont étudié le comportement des écureuils de Mandchourie qui vivent dans la station Gornotaïejnaïa. Là, parmi les massifs forestiers de feuillus, se sont conservés des bouquets de cèdres de Corée, dont les écureuils accumulent les graines. Les réserves des écureuils sont des plus modestes: la plupart du temps, elles ne recèlent que trois graines, rarement deux, encore plus rarement quatre. En une saison, un écureuil se crée plus d'un millier de cachettes. Il en utilise environ 500 pendant les 90 jours d'hiver. Les mulots en volent une partie, et le reste demeure pour la reproduction. C'est à partir de ces réserves que va s'opérer le repeuplement naturel des pins et des cèdres. Le nombre de jeunes arbres dépend de toute une série de facteurs. Les bonnes années de récolte, de nombreuses pommes de pin demeurent sur les bois de cèdres durant tout l'hiver, et les écureuils qui peuplent les cédraies prélèvent alors directement les pignons sur celles-ci, sans toucher à leurs réserves. Si l'hiver s'accompagne d'une fonte de la neige, il se forme dans la forêt une croûte de glace qui empêche les écureuils d'accéder à leurs réserves. Les écureuils peuvent alors mourir, et leurs cachettes demeurent inviolées. Dans ces deux cas de figure, on peut s'attendre à voir de jeunes arbres en abondance.

Les écureuils peuvent constituer leurs réserves dans les cédraies, mais aussi les emporter sur leurs territoires, souvent situés à une distance de 800 à 1.500 m des forêts. Naturellement, plus ils sont éloignés des cédraies, et plus le nombre de cachettes est faible, mais celles-ci peuvent fournir une quantité suffisante de jeunes arbres pour qu'en 50 à 60 ans se forme une forêt saine et, facteur très important, d'une densité optimale et composée d'arbres d'âges différents. Les écureuils qui s'alimentent dans une cédraie sont capables de planter une forêt de pins de 300 à 700 ha.

Mais que faire lorsqu'il n'y a aucune cédraie à proximité? Les spécialistes recommandent alors de "travailler" avec les écureuils d'une forêt de feuillus. Les écureuils qui se nourrissaient précédemment de glands et de noix de Mandchourie acceptent volontiers les graines de pin et de cèdre si on leur en propose. Pour ce faire, les spécialistes aménagent à leur intention, sur leur territoire, des sortes de mangeoires situées à 1,5 ou 2 m du sol. Les écureuils connaissent bien leur territoire, et il leur suffit en général d'un à trois jours pour découvrir une mangeoire. Mais il leur faut tout de même un certain laps de temps pour retirer les écailles d'une pomme de pin, transporter son contenu à l'endroit choisi, séparer et cacher les pignons deux par deux ou trois par trois. C'est pourquoi ils ne peuvent "traiter" quotidiennement que deux ou trois pommes de pin de taille moyenne.

Les scientifiques estiment que les écureuils ont pris en moyenne 60 à 90 pommes de pin par mangeoire. Chaque animal a pu cacher, à partir de là, entre 6 et 9.000 pignons sur une superficie de quelque 3 ha. C'est ainsi que les secteurs habités par les écureuils se couvrent progressivement de jeunes cèdres de Corée.

Selon les chercheurs de l'Extrême-Orient russe, les écureuils peuvent donc être - et doivent être - impliqués dans la réimplantation du cèdre de Corée au sein des gros massifs de feuillus, là où sa reproduction a totalement cessé ou s'opère très lentement en raison de la grande distance qui le sépare des cédraies. Mais il importe pour cela de ne plus chasser l'écureuil pour sa fourrure et de préparer à son intention, à l'automne, des mangeoires avec des pommes de pin. Concernant le reste, l'écureuil s'en chargera.

Etres unicellulaires, qui êtes-vous?

Que peut-il donc y avoir de complexe dans un être unicellulaire? Rien, de prime abord. Et pourtant, de nouvelles recherches ont amené les biologistes à s'étonner et à reconsidérer leurs points de vues sur ces organismes omniprésents.

"Pourquoi donc des êtres pluricellulaires se sont-ils formés", s'est interrogé le professeur Brodski, lors d'une intervention qu'il a faite récemment à l'occasion d'une conférence qui se tenait à l'Institut de biologie du développement Koltsov? Les propos du professeur ont été rapportés sur le site njk.ru. Il a reconnu que tout récemment encore, il considérait l'apparition d'organismes pluricellulaires sur notre planète comme le fruit du hasard. Seules les études réalisées ces dernières années l'ont convaincu du contraire. Bien plus: les nouvelles connaissances sur les mécanismes des processus cellulaires ont amené certains chercheurs à penser que les organismes unicellulaires à proprement parler, (parmi lesquels on range les bactéries, les amibes, etc.) n'existent pas: tout cela constituerait, au fond, une forme dissimulée d'organisme pluricellulaire.

"Je ne suis pas partisan de ce point de vue", note le professeur Brodski. Il reconnaît cependant que les nouvelles données sur les mécanismes d'auto-organisation des systèmes vivants (agrégation des cellules, organisation des processus métaboliques, etc.) peuvent effectivement conduire à une telle conclusion. On a découvert chez les unicellulaires un comportement que l'on qualifie de "social". En clair, ces organismes réagissent aux signaux provenant d'autres membres de la communauté unicellulaire. De plus, ce comportement est coordonné par les mêmes molécules-signaux que chez les mammifères - des neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine, l'insuline, la noradrénaline, etc. C'est avec leur participation que s'opère la formation d'associations intercellulaires, "avantageuse" pour les unicellulaires car, comme l'explique le professeur Brodski, "dans les agrégats, l'utilisation des ressources est meilleure que dans les cellules isolées, et la capacité de survie supérieure".

De récentes études ont montré que les interactions intercellulaires directes pouvaient compléter la régulation nerveuse. Une modification du comportement des cellules lors du vieillissement des organismes a été mise en évidence. En se fondant sur les résultats des recherches de ces dernières années, les biologistes sont parvenus à la conclusion que la formation de communautés cellulaires était l'un des facteurs les plus importants du devenir et de l'évolution des pluricellulaires.

Pour comprendre comment se sont formés et ont évolué les pluricellulaires, conclut le professeur Brodski, la nouvelle génération de chercheurs devra déterminer précisément comment s'effectue la coopération intercellulaire et mettre à jour les facteurs signaux (les molécules) de l'auto-organisation des unicellulaires. Il leur faudra également étudier comment s'opère l'interaction intercellulaire dans les organismes pluricellulaires dépourvus de système nerveux.

Navigation satellitaire: un anniversaire et bien des projets

Les pays de l'Union européenne ont annoncé fin novembre être enfin parvenus à un compromis concernant le projet de système de navigation par satellites Galileo, qui pourrait être opérationnel à l'horizon 2013. La Russie avait célébré peu auparavant, le 26 novembre, le quarantième anniversaire du lancement de son premier satellite de navigation spatiale et mis en service, à cette occasion, le premier des trois nouveaux satellites, lancés un mois plus tôt, pour son système de navigation spatiale Glonass. Celui-ci devrait être opérationnel à l'échelle planétaire dès 2009.

Les Européens ont indiqué le 30 novembre que leur système de navigation par satellites Galileo pourrait entrer en service dès 2013. Des difficultés d'ordre financier avaient retardé l'avancement du projet, de même que des désaccords concernant les lieux d'implantation des centres de contrôle. L'UE a déjà dépensé 1 milliard d'euros pour ce projet et doit en trouver encore au minimum 2,4 milliards pour le mener à bien.

La compétition mondiale s'est intensifiée ces derniers temps en matière de systèmes de navigation spatiale. Le système GPS américain connaît depuis plusieurs années un succès mondial. Le système Beidou, développé par la Chine, devrait couvrir le territoire de ce pays et de la plupart de ses voisins d'ici fin 2008.

Quant à la Russie, elle continue de développer son système de navigation par satellites Glonass. Son développement, freiné durant de longues années faute de moyens financiers suffisants, devrait être achevé en 2009. Le système inclura alors 24 satellites, dont les données pourront être utilisées sur l'ensemble de notre planète.

Le système Glonass comptait au 4 décembre dernier 20 satellites en orbite. 13 fonctionnent normalement, trois passent un "contrôle technique" et quatre sont sur le point d'être retirés du système d'exploitation. 16 satellites sont donc actuellement opérationnels ou en passe de le redevenir. Le lancement de trois autres satellites est attendu pour le 25 décembre prochain. Une flotte de 18 satellites étant nécessaire pour couvrir la totalité du territoire de la Russie, il est permis de penser que l'objectif fixé par le Président Poutine dans le domaine spatial - rendre le système opérationnel pour tout le territoire russe au début de l'année 2008 - sera atteint. Pour couvrir l'ensemble du globe en 2009, d'autres lancements devront avoir lieu.

On a aussi célébré fin novembre, l'anniversaire du premier satellite russe de navigation, le Cosmos-192 ("Tsiklon"), lancé le 26 novembre 1967. Placé sur une orbite circumpolaire, il avait pour objectif, à titre expérimental, de renseigner sur la position des navires. Le porte-parole du groupe de recherche et de production (NPO) Rechetnev, qui a fabriqué ce satellite, et quelque 1.130 autres, soulignait à l'occasion de ce quarantième anniversaire que de nombreuses solutions mises en œuvre sur ce premier satellite - batteries solaires cylindriques, système gravitationnel d'orientation, etc. - avaient été reprises par la suite pour créer des satellites de navigation, mais aussi de télécommunications ou de géodésie.

Si les premiers satellites permettaient de déterminer les coordonnées une fois toutes les heures et demie, avec une précision de seulement un kilomètre, les appareils modernes du système Glonass, créés eux aussi par la société NPO Rechetnev, permettent d'établir des coordonnées à tout moment, avec une précision de quelques mètres.

mardi 4 décembre 2007

En Russie, un ménage sur trois est informatisé (sondage)

MOSCOU, 28 novembre - RIA Novosti. 33% des familles russes possèdent un ordinateur portable ou de bureau, selon un sondage rendu public par le centre Vtsiom.

19% des ménages disposent d'un appareil photo numérique, et 9% d'une imprimante à jet d'encre. 6% des familles sondées ont une caméra vidéo, et 2% à 4% possèdent un scanner, une imprimante laser, une imprimante multifonctions ou une imprimante photo.

En revanche, 59% des ménages ne disposent d'aucun des appareils électroniques précités.

Selon le centre Vtsiom, les propriétaires d'équipements informatiques sont plutôt jeunes, diplômés d'enseignement supérieur, gagnent bien leur vie et vivent dans des villes de plus d'un million d'habitants.

Le sondage a été réalisé les 13 et 14 octobre dernier sur un échantillon de 1.600 personnes dans 153 localités de 46 régions. La marge d'erreur statistique ne dépasse pas 3,4%.

lundi 5 novembre 2007

L'Etat doit soutenir la production électronique russe (Ivanov)

MOSCOU, 2 novembre - RIA Novosti. Le premier vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a déclaré lors d'une réunion de la commission gouvernementale pour l'Industrie, les Transports et les Hautes technologies que l'Etat devait soutenir l'industrie électronique russe.

"Le soutien par l'Etat de la production électronique russe, aussi bien sur le marché intérieur qu'à l'étranger, doit constituer une priorité", a annoncé M. Ivanov, avant d'affirmer que l'industrie électronique russe traversait actuellement une crise structurelle et technologique.

"Les compagnies russes se contentent en général de vendre au détail ou d'assembler les équipements étrangers. Les rares fabricants russes ne sont pas en mesure de soutenir la concurrence avec les fournisseurs étrangers car ils sont incapables d'assurer une production de masse et un service après-vente de qualité", a-t-il déclaré.

L'absence de coordination entre les activités des organes gouvernementaux chargés de la réalisation des différents programmes de développement des hautes technologies est également en cause.

Par exemple, les programmes de développement des nanotechnologies et des composants de base réalisés par le ministère de l'Industrie et de l'Energie et par le ministère de l'Education et de la Science sont insuffisamment liés aux programmes de création de parcs technologiques et de zones économiques spéciales d'innovation technique du ministère des Télécommunications et du ministère du Développement économique, a expliqué M. Ivanov.

"Les compagnies russes ne pourront concurrencer les entreprises étrangères, occuper des positions de premier plan sur le marché et recevoir des revenus importants que quand elles seront capables de vendre une production constituant un étalon", a conclu M. Ivanov.

mardi 16 octobre 2007

Internet s’ouvre aux langues non-occidentales


Lundi, les internautes pourront tester sur le site de l’ICANN des adresses en arabe, en chinois, en russe ou en japonais. Une ouverture bien tardive, dans un univers encore dominé par l’anglais.

Comme le réclamaient depuis des années de très nombreux pays, les noms de sites Internet pourront bientôt être rédigés intégralement dans onze langues non-occidentales, Lundi, l'ICANN, l'organisme américain qui gère les adresses Internet mondiales, en partenariat avec des homologues d'autres pays, va lancer un test mondial des noms de domaines en onze langues: arabe, persan, chinois simplifié et traditionnel, russe, hindi, grec, coréen, hébreu, japonais et tamoul. Les centaines de millions d'internautes qui les utilisent pourront tester sur le site des adresses dans les caractères de ces langues, pour vérifier qu'elles fonctionnent.

Jusqu'ici, l'ICANN n'acceptait les caractères non-occidentaux que pour la première partie des adresses de sites. Avec cette réforme, le nom du site pourra être entièrement en caractères non-latins. « Ce sera l'un des plus grands changement de l'internet depuis sa création », juge le président de l'ICANN Paul Twomey sur le site de l'organisation. Selon l'ICANN, les langues choisies seront ceux des communautés qui ont montré le plus d'intérêt pour cette réforme. « Il y a un milliard d'internautes, donc cinq milliards de personnes n'y sont pas. Les nouveaux noms serviront au prochain milliard », a déclaré dans la presse Paul Hoffman, concepteur d'une norme technique pour les caractères non-occidentaux.

Entre difficultés techniques et problèmes politiques pour coordonner de multiples pays, il aura fallu 7 ans à l'ICANN pour appliquer sa décision de rendre les noms de domaines internationaux, votée en 2000. Lassés d'attendre, une douzaine de pays comme la Chine, la Russie ou la Corée, ont créé eux-mêmes des adresses dans leur langue, aussi pour éviter la mainmise de l'ICANN, accusant les Etats-Unis de colonialisme numérique. « Cela fait près de 10 ans que nous avons présenté au président de l'ICANN la technologie pour créer (des noms de domaines polyglottes) », a déclaré dans la presse S. Subbiah, inventeur d'une des premières normes de noms multilingues. « La réponse était, en gros, "je suis trop occupé, apprenez l'anglais" ». Selon lui, environ 2 millions des 138 millions de noms de domaines dans le monde contiennent des caractères non-occidentaux.

Le premier président de l'ICANN, Mike Roberts, a reconnu que l'organisation avait traîné les pieds: « Les ingénieurs ont pensé que mettre en place des alphabets non-latins, avec toute cette croissance, allait déstabiliser l'Internet et provoquer des pannes », selon lui. Des conflits politiques ont ralenti le processus. Certains pays ont contesté le rôle du registre américain VeriSign, qui gère tous les domaines en « .com », soit la moitié des sites mondiaux. Avec aussi d'autres questions délicates: quel organisme pour gérer les sites dont les langues sont utilisées dans plusieurs pays ? Certains pays ne vont-ils pas en profiter pour renforcer la censure ? Les caractères différents ont même servi à des fraudes, avec l'utilisation d'un « a » russe, identique au « a » occidental mais correspondant à un code informatique différent, pour créer un faux Paypal.

Source : 12/10/2007 - L'Expansion.com avec AFP


vendredi 12 octobre 2007

GLONASS: les premiers récepteurs grand public en vente début 2008 (Ivanov)



MOSCOU, 12 octobre - RIA Novosti. Les premiers récepteurs grand public du système russe de navigation par satellite GLONASS seront mis en vente dès le début de 2008, a annoncé vendredi le premier vice-premier ministre Sergueï Ivanov.
Ces récepteurs grands comme la main seront produits par le groupe électronique russe Sitronix.
Sitronix, selon le responsable gouvernemental, a acheté deux usines en Chine qui produiront ces récepteurs. "Nous nous employons maintenant à les rendre compétitifs en termes de prix", a-t-il ajouté.
Le système de géo-positionnement satellitaire GLONASS est appelé à établir les coordonnées de tout propriétaire d'un récepteur apte à capter simultanément les signaux de trois satellites évoluant à une altitude de 19.000 kilomètres. Le système permet de déterminer la position d'un objet avec une précision de 1 mètre sur la terre ferme et à la surface de l'eau.
Le déploiement de GLONASS a commencé le 2 octobre 1982. En septembre 1993, le premier groupe de 12 satellites est entré en service. En 2005, le nombre de satellite a atteint 17 appareils contre 14 en 2004. Au cours des années à venir la constellation sera dotée de satellites de la nouvelle génération.
Aux termes du Programme spatial fédéral, d'ici à la fin de 2007, le nombre de satellites constituant le système de positionnement russe sera porté à 18 appareils.

La Russie prépare une percée technologique (Vedomosti)

MOSCOU, 9 octobre - RIA Novosti. On entend souvent dire que la Chine est sur le point de réaliser une percée technologique, mais rares sont ceux qui en attendent une de la Russie. Toutefois, le nombre d'ingénieurs en Russie place le pays au deuxième rang mondial. Les sociétés de logiciels poussent comme des champignons, et même si certaines d'entre elles, à l'instar des sociétés indiennes, reçoivent la plupart de leurs commandes de l'étranger, la Russie n'a rien d'un centre de programmation offshore bon marché. Avec le temps, elle exercera une influence de plus en plus grande sur le marché international du logiciel.

Le solide potentiel intellectuel dont dispose la Russie est ce qui lui permet de croire en son succès. Depuis la guerre froide, l'enseignement dans le pays est orienté sur les sciences exactes. La période de fuite des cerveaux a nettement affecté le système d'enseignement et de recherche, mais grâce aux programmes publics russes et étrangers ce dernier commence à retrouver sa force depuis le début des années 2000. En Russie, 40% des grades scientifiques sont attribués dans le domaine des sciences exactes, contre 32% aux Etats-Unis et 35% dans l'Union européenne.

Selon les normes américaines, l'enseignement universitaire en Russie est trop sévère et global: un étudiant passe beaucoup d'examens oraux et écrits, et on lui demande d'avoir des connaissances assez vastes. Le potentiel des ingénieurs russes est donc beaucoup plus élevé que celui de leurs collègues européens et américains.

Concernant le nombre de diplômés, la Russie n'est en retard que par rapport à la Chine et au Japon. Aujourd'hui, la Russie compte 900.000 ingénieurs, et ce chiffre progresse chaque année de 200.000 diplômés. L'Inde affiche des résultats comparables, mais sa population est huit fois plus nombreuse.

Les multinationales dépensent d'énormes sommes pour former des spécialistes russes, tout en contribuant au renforcement du potentiel intellectuel, en particulier dans les régions. Elles ont une réelle envie de travailler sur le marché russe: d'après les prévisions, le chiffre d'affaires annuel des importations d'équipements IT en Russie atteindra prochainement la barre du milliard de dollars.

La base de données de Russoft, une association professionnelle à but non lucratif regroupant des entreprises du secteur, compte environ 1.400 producteurs de logiciels.

Des représentants de compagnies IT occidentales travaillant avec des sociétés russes notent une proximité des cultures, ce qu'on ne peut pas dire des concurrents asiatiques de la Russie. Les multinationales projettent donc d'élargir leurs filiales d'ingénierie russes.

Auteurs: Peter Kuper, analyste en chef du marché des logiciels et vice-président de Morgan Stanley (Boston), Brian Essex et Keith Weiss, consultants du département logiciels de Morgan Stanley (Boston). La version intégrale de cet article est parue dans la livraison d'octobre du magazine Harvard Business Review (édition russe).

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti ni avec cellu du blog IEDG.

Les lancements de satellites depuis le site spatial de Kourou peuvent commencer dès 2008 (Poutine)

MOSCOU, 10 octobre - RIA Novosti. Les tirs commerciaux de lanceurs russes Soyouz depuis le site spatial de Kourou, en Guyane Française, peuvent commencer dès 2008, a annoncé mercredi à Moscou le président russe Vladimir Poutine au terme d'entretiens avec son homologue français Nicolas Sarkozy.

"Les lancements commerciaux de fusées-porteuses russes depuis le cosmodrome de Kourou pourraient commencer dès l'année prochaine", a indiqué le président russe commentant la construction d'un pas de tir pour les lanceurs Soyouz sur le site spatial de Kourou.

Planète: un chercheur russe promet un refroidissement climatique


SAINT PETERSBOURG, 10 octobre - RIA Novosti. Un chercheur russe a prédit mercredi que la Terre connaîtrait un refroidissement climatique global dû à une baisse de la luminosité du Soleil à l'horizon 2055-2060.

"Les prémisses du refroidissement climatique à venir sur la Terre pourront d'abord être observées sur Mars", a promis Khabiboullo Abdoussamatov, chef du laboratoire des recherches spatiales à l'Observatoire astronomique de Poulkovo (Académie russe des sciences).

Selon le chercheur, l'intensité de la luminosité solaire atteindra son minimum en 2041, ce qui provoquera un profond refroidissement de la planète en 2055-2060. La baisse de luminosité du Soleil se ressentira avant tout sur Mars.

A l'instar de la Terre, la planète rouge a subi un réchauffement climatique global conditionné par l'accroissement significatif et durable de la luminosité solaire au cours du XXe siècle. "Sur Mars, il n'y a pas d'océans, d'où la faible inertie thermique de cette planète. Mars commencera à se refroidir beaucoup plus tôt que la Terre", a estimé M. Abdoussamatov.

D'après lui, le réchauffement climatique parallèle observé aujourd'hui sur la Terre, Mars et plusieurs autres planètes du système solaire montre que ce phénomène a des origines solaires naturelles.

"Les chercheurs de la NASA, après avoir observé les changements sur la surface de Mars entre 1999 et 2005, ont constaté une fonte des glaces au pôle Sud de la planète rouge sur une durée de trois années martiennes ainsi qu'un réchauffement parallèle du climat, et ce, sans que l'activité des Martiens ne crée d'effet de serre", a-t-il constaté, avec une pointe d'humour.

"Il n'existe aucune preuve scientifique attestant que la concentration croissante de gaz carbonique due aux activités humaines soit à l'origine du réchauffement de la planète et qu'elle puisse provoquer des changements climatiques catastrophiques sur la Terre", a résumé M. Abdoussamatov.