mardi 23 octobre 2007

Premiers pas

Si vous vous êtes acquittés des formalités d'inscription à l'université, il peut être intéressant d'effectuer d'autres démarches au début de votre année à Moscou. Tout d'abord, le Service des Français au Consulat peut vous faire établir gratuitement une carte consulaire, signe de votre enregistrement en tant que résident en Russie. Vous dépendrez alors du consulat pour vos démarches administratives, pourrez voter à Moscou pour les scrutins d'envergure nationale et, cerise sur le gâteau, bénéficier peut-être d'une détaxe à l'aéroport sur les objets que vous embarquerez par la suite en Russie. Pièces à fournir : carte d'identité souhaitable (en plus du passeport), photo d'identité, justificatif de résidence en Russie.

Pour plus rapidement vous immerger dans la vie moscovite, vous disposez de nombreuses sources d'information (guides de voyages, web). L'une d'elles, très complète, est le guide des expatriés (500R, soit environ 15€) édité par l'association Moskva Accueil. Il regorge d'informations pratiques, d'adresses de boutiques, d'idée de sorties. Cette même association organise également des activités culturelles, dont vous pouvez voir le programme sur son site : www.site-moskva-accueil.com, et tient des permanences à la cafétéria de l'ambassade de France le lundi (9h30-11h30) et le mercredi (14h30-16h30).

Autres contacts :

www.mos.ru : site officiel de la ville de Moscou
www.vivreenrussie.com : forums de la communauté française
www.expat.ru (en anglais)

lundi 22 octobre 2007

300

Il y a une légère émotion dans ce message, parce que vous n'allez pas vous en remettre, nous écrivons en ce moment le trois-centième message de ce blog. Pour sûr, c'est un seuil. Dans les PME, on évoque avec une certaine crispation les deux-trois premières années d'activité. Et bien sachez que ce seuil, chez nous a été atteint en même pas six mois d'existence, de quoi nous classer parmi les start-up les plus dynamiques. Au passage, nous remercions nos contributeurs (involontaires pour la plupart, mais s'ils savaient gageons qu'ils seraient enthousiasmés de participer à cette entreprise) Marie Jégo, Andreï Vavra et Noize MC pour ne citer que quelques-uns. Longue vie au blog IEDG !

dimanche 21 octobre 2007

Gorbatchev fonde un mouvement social-démocrate et soutient Poutine


L'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a fondé samedi 20 octobre un nouveau mouvement social-démocrate dans le but de lutter contre les atteintes à la démocratie en Russie, sans toutefois mettre en cause le régime du président Vladimir Poutine."Nous mettons nos espoirs dans ce que fait le président Poutine", a déclaré le père de la perestroïka devant quelque 200 délégués du congrès constituant de "l'Union des sociaux-démocrates".

Dans un discours plein de paradoxes, M. Gorbatchev, 76 ans, a cependant énuméré des "tendances négatives" comme la "restriction de l'espace de la politique publique", "la pression du pouvoir sur la société civile", le manque de concurrence entre les partis politiques et "la déformation du principe du partage des pouvoirs". Il a aussi loué le président Vladimir Poutine, "qui a décidé de respecter la Constitution et ne pas briguer un troisième mandat" malgré "toutes les pressions exercées sur lui".
"C'est très important du point de vue de la démocratie", a-t-il souligné en référence aux déclarations du président russe défavorables à un changement de la Constitution qui ne lui permet pas de briguer plus de deux mandats consécutifs."Nous luttons pour le pouvoir mais seulement pour le pouvoir sur les esprits", a-t-il souligné.

"A QUOI SERT UN TEL PARTI ?"
Son mouvement ne pourra pas participer aux législatives de 2 décembre, la date limite pour enregistrer les listes étant le 17 octobre. Interrogé par la presse sur son intention de briguer la présidence en mars 2008, M. Gorbatchev a répondu : "Non".
Mikhaïl Gorbatchev, dont la perestroïka (politique de réformes et d'ouverture de l'URSS) entamée en 1985 avait conduit à l'éclatement de l'Union soviétique en 1991, est impopulaire en Russie et n'a plus aucun rôle significatif dans la vie politique russe. Sa carrière politique semblait compromise à jamais après son fiasco à l'élection présidentielle de 1996 où il n'avait recueilli que 0,5% des suffrages.
Plus direct que M. Gorbatchev, Gavriil Popov, ancien maire de Moscou, libéral, a déclaré lors du congrès samedi que les sociaux-démocrates en Russie avaient "essuyé une grosse défaite" car ils "ne participent pas aux législatives"."Nous n'avons pas dit mot quand le pouvoir a supprimé l'élection des gouverneurs", "nous avons gardé le silence" après l'approbation des changements du code électoral au désavantage des petits partis, a-t-il déclaré."A quoi sert un tel parti ?", s'est-il interrogé, dénonçant "son esprit de conciliation".

Olga Nedbaeva
Le Monde-AFP 20.10.07 18h09 • Mis à jour le 20.10.07 18h10

Gazoduc Iamal-Europe: le premier ministre russe propose de revenir au projet de deuxième tranche

MINSK, 19 octobre - RIA Novosti. Le premier ministre russe Viktor Zoubkov juge possible de revenir à l'idée de deuxième tranche du gazoduc Iamal-Europe passant par le territoire biélorusse.

"Si l'on tient compte du fait que dans un proche avenir 50% du capital de Beltransgaz (société publique biélorusse de transport de gaz, ndlr) appartiendront à Gazprom, il serait utile de revenir à la question de l'édification de la deuxième tranche du gazoduc Iamal-Europe", a indiqué le chef du gouvernement russe à Minsk à l'issue de la réunion du Conseil des ministres de l'Union Russie-Biélorussie.

Avant, il faut comparer les balances des réserves de matières premières disponibles et de la consommation (de gaz) en Europe, a-t-il ajouté.

De son côté, le premier ministre biélorusse, Sergueï Sidorski, a noté que Minsk était prêt à accorder à la Russie un maximum d'avantages dans la réalisation de ce projet, comme lors de l'édification de la première tranche.

"Nous sommes prêts à accorder (à la Russie) des facilités en matière de TVA, de taxes douanières sur l'importation de biens d'équipements et d'utilisation du sol", a indiqué le premier ministre biélorusse.

Les installations de la première tranche qui transporte 33 milliards de mètres cubes de gaz en Europe sont prévues pour un débit deux fois plus important, a ajouté Sergueï Sidorski.

La question de l'édification de la deuxième tranche du gazoduc Iamal-Europe est examinée depuis 1995.

La première tranche a été mise en service le 6 novembre 1999. La longueur globale du gazoduc est de plus de 2.000 km. Il passe par les territoires de la Russie, de la Biélorussie, de la Pologne et de l'Allemagne.

La capacité projetée de l'installation est de 33 milliards de mètres cubes de gaz par an. L'accroissement annuel des quantités de gaz transportées par le gazoduc Iamal-Europe est de 2 à 3 milliards de mètres cubes. En 2006, il a été transporté par cette conduite passant par le territoire biélorusse près de 30 milliards de mètres cubes de gaz russe, contre 26 milliards en 2005.

Les électeurs russes voient en Zoubkov un gestionnaire à la soviétique

Le nouveau premier ministre russe Viktor Zoubkov s'est attiré les sympathies du peuple dès son premier mois à ce poste, au point que les sociologues se sont empressés de l'inscrire sur la liste des successeurs potentiels de Vladimir Poutine. Mais les experts hésitent toujours à le désigner comme dauphin, la cote de popularité des hommes politiques russes dépendant uniquement des bonnes grâces du chef de l'Etat.

Un mois seulement après sa nomination, la cote de popularité du premier ministre s'est approchée de celles des successeurs "traditionnels" du président. Selon un sondage réalisé par le centre Levada, Viktor Zoubkov est crédité de 50%, et ses adjoints Dmitri Medvedev et Sergueï Ivanov recueillent respectivement 57% et 60%. 13% des sondés se disent prêts à voter Zoubkov à l'élection présidentielle de 2008, contre seulement 4% en septembre dernier. MM. Medvedev et Ivanov sont crédités respectivement de 26% et de 25% des intentions de vote, leurs cotes ayant baissé de 4% et de 9%.

Ces huit dernières années, tous les premiers ministres ont vu leur popularité s'envoler, expliquent les sociologues. Selon Oleg Saveliev, porte-parole du centre Levada, chaque nouveau premier ministre inspire aux gens "un sentiment d'espoir".

La cote de Viktor Zoubkov continuera de monter, pronostique Leonti Byzov, du centre Vtsiom. Les Russes voient en lui un homme peu volubile, un gestionnaire à la soviétique et un bon père de famille, autant de qualités qui leur plaisent. M. Zoubkov est surtout populaire parmi les personnes âgées qui se rendent aux urnes, ajoute M. Byzov. Malgré la récente flambée des prix alimentaires, M. Zoubkov est soutenu, car il démontre un style qui plaît aux gens, estime le politologue Dmitri Badovski.

Le président a partagé sa cote avec son premier ministre, et il n'y a pas d'autres raisons pour expliquer sa popularité, constate l'économiste de Troika-Dialog Evgueni Gavrilenkov.

Le directeur de l'Institut de la stratégie nationale, Stanislav Belkovski, est encore plus catégorique: "Ni Ivanov, ni Medvedev, ni Zoubkov n'ont de cote en tant que personnalités politiques. La seule chose dont dépendent leurs cotes, ce sont les bonnes grâces de Vladimir Poutine. Tant que le peuple considérait Sergueï Ivanov comme le dauphin, il lui témoignait sa confiance et son approbation. Mais, le 12 septembre, il a chuté dans les sondages à défaut d'être promu à la tête du gouvernement. C'est vers Zoubkov que le tsar a ensuite dirigé son auguste index, et c'est lui qu'on considère comme le dauphin poutinien. S'il s'avère que Zoubkov ne l'est pas, sa cote de popularité sera réduite en miettes."

Vedomosti / Moskovski Komsomolets / Kommersant

Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction du blog IEDG.


Trois heures sans parler trop


Par Andreï Vavra, RIA Novosti

Il est évident que la dernière séance de questions-réponses de Vladimir Poutine diffusée en direct par la télévision et la radio russes a battu tous les records. On ne pouvait s'attendre qu'à une performance de la part d'un président dont le moral est au beau fixe. Si, en 2006, la "ligne directe" avait duré 2 heures 54 minutes, cette fois-ci, Vladimir Poutine a parlé au peuple durant 3 heures 05 minutes.

L'année dernière, 50 questions avaient été posées, cette fois-ci, 68.

Plus de la moitié des questions portaient sur des sujets sociaux. D'ailleurs, la priorité évidente du dossier social était propre à toutes les précédentes séances de questions-réponses.

Vladimir Poutine a répondu à toutes les questions qui intéressaient ses interlocuteurs. Leur éventail était large: du parrainage des intermédiaires dans la vente de produits agricoles dans les régions à la construction d'un nouveau sous-marin nucléaire. Les questions portaient sur la hausse des prix des produits alimentaires et les perspectives de l'économie russe, sur le "plan Poutine", l'indexation des retraites militaires, les premiers résultats du nouveau gouvernement, les problèmes de l'île Rousski au Proche-Orient, la lutte contre le terrorisme, les problèmes de politique internationale, avant tout, celui du déploiement du système américain de défense antimissile en Europe, les résultats du match de football Russie-Angleterre, etc.

Vladimir Tchourov, président de la Commission électorale centrale, était certain que la loi ne serait pas violée au cours de ce contact direct entre le président et ses concitoyens et qu'il ne ferait pas de propagande électorale. D'ailleurs, une question posée au président se prêtait pourtant à le faire, à savoir pourquoi il a décidé de se placer en tête de liste électorale du parti Russie unie. "Il est très important que le parlement soit efficace à l'issue des élections de 2007. Le parti Russie unie a été ces dernières années le gage de l'efficacité du parlement. C'est pourquoi j'ai pris la décision de conduire sa liste", a déclaré Vladimir Poutine. Il s'est borné à qualifier ce parti de gage de l'efficacité du pouvoir. Il n'a pas dit: votez pour lui! Bref, selon Vladimir Tchourov, qui a déjà été assailli de questions par les journalistes, la loi n'a pas été violée.

La connaissance parfaite des problèmes examinés, qui ne concernent pas tous directement, semble-il, le champ des activités du président et sa volonté d'expliquer en détail la méthode de règlement de nombreux problèmes qui préoccupent les citoyens ont particulièrement étonné.

On peut citer ne serait-ce que la fécondation artificielle.

Le financement par l'Etat des opérations de fécondation artificielle en Russie doit tripler, en passant de 200 millions de roubles (plus de 5,6 millions d'euros) à 600 millions de roubles par an, estime Vladimir Poutine. Il a rappelé qu'environ 1.700 opérations de ce genre étaient effectuées chaque année en Russie aux frais de l'Etat. Chaque opération coûte 150.000 roubles. "Ces opérations ne sont effectuées que dans deux centres fédéraux, alors qu'il y a une cinquantaine d'établissements capables de les faire. Le problème réside, pour l'essentiel, dans le financement", a-t-il expliqué.

La stérilité est actuellement un des problèmes cruciaux en Russie, et des mesures énergiques sont prises en vue de stabiliser la situation démographique.

Cette question relève, semble-t-il, de la compétence de Tatiana Golikova, ministre de la Santé publique et du Développement social. Je suis certain qu'elle aurait pu y répondre également de façon détaillée. Mais, même si elle avait répété mot à mot les paroles du président, un doute aurait plané. Il en va de même pour les questions concernant tous les autres ministres: par exemple, Alexeï Koudrine, Elvira Nabioullina, Igor Levitine, etc. Le président est en fait l'unique personnage public qui jouit d'une réelle confiance.

Le pays est grand, les personnes compétentes y sont nombreuses, mais on ne fait pourtant confiance qu'à un seul homme.

Les propos tenus par Vladimir Poutine au sujet du déploiement d'éléments de la défense antimissile américaine en Europe doivent intéresser certainement nos partenaires étrangers. Le président a déclaré calmement et nettement: "Nous recherchons des moyens de régler les problèmes et de lever nos préoccupations. C'est pourquoi je n'estime pas que nous devions envenimer la situation". "Si une solution est adoptée sans prendre en considération l'avis de la Russie, nous prendrons des mesures de rétorsion qui assureront à coup sûr la sécurité des citoyens de la Russie", a affirmé le président.

Ces mesures sont déjà prévues. "Quant aux lieux de déploiement de quoi que ce soit: c'est la prérogative des spécialistes, avant tout de l'état-major général", a souligné Vladimir Poutine.

Après la fin de cette nouvelle "ligne directe", le président a répondu, comme il le fait traditionnellement, aux questions des journalistes. Elles portaient, bien entendu, non pas sur des sujets sociaux, mais sur la politique, notamment sur la question des prochaines élections, législatives et présidentielle, qui intéressent beaucoup les médias et les élites russes.

Une place vacante du pouvoir, celle du secrétaire du Conseil de sécurité, suscitait un certain intérêt. Chacun se demandait pourquoi ce secrétaire n'avait toujours pas été nommé, ses fonctions étant assumées par "intérimaire". Ne s'agissait-il pas d'une variante de l'après-élection, dont la probabilité a déjà été évoquée par les médias: les fonctions du Conseil de sécurité seraient étendues, par conséquent, Vladimir Poutine pourrait occuper ce poste temporairement après son départ de la présidence? Mais le président a fermement déclaré qu'il ne prévoyait pas de réformer le Conseil de sécurité. Une autre variante de l'après-présidentielle est tombée...

En outre, Vladimir Poutine estime que la présence d'une opposition de gauche ou libérale à la Douma (chambre basse du parlement russe) serait utile. Mais, sur ce point, tout ne dépend pas des souhaits du président. Une chose est sûre, nous ne verrons pas l'opposition libérale à la Douma à la suite des prochaines élections. L'opposition de gauche y sera en revanche certainement représentée, mais une question se pose: par quel parti?

Enfin, le point principal.

"Je suis contre la restriction des pouvoirs du président", a indiqué Vladimir Poutine, balayant ainsi le thème du glissement du pouvoir vers la Maison blanche (siège du gouvernement russe) après son départ. Une coopération plus efficace entre toutes les branches du pouvoir est certainement nécessaire, mais, "dans la période à venir, une nouvelle répartition des pouvoirs au sein de l'exécutif serait erronée", a-t-il déclaré.

Bref, toutes les dissertations sur la structure du pouvoir politique après le départ de Vladimir Poutine ne parviendront pas à dissiper ce flou. La seule réponse à toutes ces questions, c'est Vladimir Poutine qui l'a. Et même s'il avait parlé 5 ou 10 heures, il n'aurait rien dit de superflu.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

La coopération énergétique entre la Russie et l'UE


Par Viktor Khristenko, ministre de l'Industrie et de l'Energie de la Fédération de Russie

La Commission européenne a proposé le 19 septembre de durcir les modalités d'acquisition et de possession d'actifs énergétiques dans les Vingt-Sept. Ces nouvelles modalités sont répertoriées dans cinq projets de loi qui, avant leur adoption par la Commission, doivent encore être approuvées par le Parlement européen et signées par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.

S'il est encore prématuré d'évoquer la configuration définitive de l'espace énergétique européen sur la base des seules propositions de Bruxelles, les experts sont unanimes à constater que le "rideau énergétique" qui tombe autour de l'Europe est une réponse au projet de loi russe limitant les investissements étrangers.

Cette prise de position n'est pas tout à fait correcte. En fait, il s'agit d'une tendance mondiale. D'une part, les économies nationales deviennent de plus en plus ouvertes, les capitaux voyagent librement d'une région vers une autre, des multinationales règnent dans beaucoup de secteurs, les fusions et les absorptions se multiplient. D'autre part, les notions telles que la "sécurité nationale" et la "capacité défensive" restent d'actualité. La rédaction en Russie du projet de loi sur les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques sur le plan de la sécurité nationale nous a permis de constater qu'un équilibre raisonnable est possible entre les considérations sur la sécurité nationale et le maintien d'un climat d'investissement sain et prévisible. Tout écart risque de miner sérieusement nos positions dans le monde. Nous sommes contre les "listes noires", et nous proposons aux investisseurs une procédure compréhensible et claire pour les transactions concernant les actifs "sensibles". J'espère que cette idéologie sera appréciée, y compris par nos partenaires européens.

Aujourd'hui, je ne peux pas formuler avec certitude ce que Bruxelles redoute en limitant les investissements étrangers dans le secteur énergétique européen. Cette question est plutôt à adresser à nos collègues européens. Mais je pense qu'il serait bizarre de craindre les investissements ou de les trier selon la nationalité de l'investisseur. La question du transfert des technologies est plus délicate. Naturellement, les pays intéressés à maintenir leur leadership technologique cherchent à contrôler leurs acquis. Mais nous constatons que de nombreux projets sont de nature supranationale, notamment le projet Chtokman ou la coopération spatiale, où l'on ne peut se passer de la coopération technologique. Là aussi, il faut trouver un équilibre des intérêts raisonnable et mutuellement acceptable.

Les tentatives de Bruxelles de limiter l'afflux d'investissements "indésirables" affecteront-elles le développement de la coopération industrielle et énergétique entre la Russie et l'Union européenne? Il est difficile de pronostiquer la situation avec 100% de certitude. Mais, heureusement, le marché global génère non seulement des risques globaux, mais aussi des possibilités globales. La diversification de la coopération industrielle et énergétique, y compris avec les pays d'Asie-Pacifique, offre l'une de ces possibilités vu l'étendue géographique de la Russie. D'ailleurs, le vecteur oriental représente une importante dimension intérieure: cette coopération doit contribuer au développement de la Sibérie orientale et de l'Extrême-Orient. Mais je suis persuadé que l'UE a été et reste notre partenaire clé.