lundi 10 décembre 2007

Renault poursuit son développement en Russie en mettant la main sur Lada

Au terme de longues négociations, Renault va devenir le partenaire exclusif du premier constructeur automobile russe Avtovaz connu pour sa marque emblématique Lada. L'accord a été signé samedi 8 décembre et prévoit que Renault prenne 25 % du capital d'Avtovaz au premier semestre 2008. Le montant de l'investissement n'a pas été révélé. La présidence du conseil d'administration restera russe mais la direction opérationnelle devrait être assurée par un directeur général proposé par Renault.

Grâce à cet accord, Renault et Nissan qui détiennent environ 8 % du marché verront leur part de marché atteindre quelque 40 %. Avec plus de deux millions de véhicules vendus en 2007 (1,5 million en 2005 et 1 million en 2002), la Russie est l'un des marchés les plus porteurs pour les constructeurs étrangers. Volkswagen vient d'inaugurer son usine de Kalouga d'une capacité industrielle de 150 000 voitures par an. Le constructeur allemand a investi 400 millions d'euros.

Renault n'était pas seul sur les rangs pour reprendre Avtovaz. L'américain General Motors (GM), numéro un du marché russe, a été un temps favori. GM et Avtovaz ont noué un partenariat en 2001 et coopèrent pour produire la Chevrolet Niva. Fiat l'était aussi : à la fin des années 1960, le constructeur avait cédé à l'entreprise russe la licence de fabrication de la Fiat 124, le modèle qui a donné naissance à la gamme Lada.

Célèbre pour ses Lada ainsi que le 4 × 4 Niva, Avotovaz fut longtemps l'une des grandes fiertés de l'industrie automobile soviétique, notamment pour sa robustesse. Mais, au fil des années, les Russes se sont mis à délaisser cette marque mythique. Entre 2005 et 2006, la part de marché de Lada est passée de 51,8 % à 37,5 %. Et, en 2007, selon le cabinet Global Insight, elle devrait tomber à 26 %.

UNE LONGUEUR D'AVANCE FACE À PSA

"Les autorités russes ont senti qu'il fallait un partenaire étranger pour assurer un avenir rentable et la croissance à Lada. Manifestement, notre expérience de redressement en Roumanie de Dacia et celle de Nissan en Chine avec Dong Feng a joué en notre faveur", explique Thierry Moulonguet, directeur financier de Renault.

"Le coeur du projet est avant tout de relancer et d'apporter la technologie Renault sur les moteurs et les boîtes de vitesse Lada", indique-t-il. Mais au-delà, l'usine d'Avtovaz va permettre à Renault et à Nissan de faire face à une demande russe en expansion. Renault - qui possède une nouvelle usine à Moscou depuis 2005 - devrait vendre, en 2007, 100 000 véhicules en Russie. La Logan y est désormais le deuxième véhicule le plus vendu derrière la Ford Focus. Renault a prévu de doubler sa capacité de production moscovite à 160 000 véhicules fin 2009. Et Nissan construit une usine à Saint-Petersbourg.

Avec cet accord, Carlos Ghosn garde non seulement une longueur d'avance face à PSA Peugeot-Citroën qui n'est toujours pas installé en Russie mais il se donne un peu plus les moyens de réaliser les objectifs du plan Renault Contrat 2009 qu'il maintient de façon imperturbable : vendre 800 000 véhicules de plus qu'en 2005, soit 3,3 millions de véhicules chaque année à partir de 2009. En effet, les volumes de ventes de la marque Lada seront consolidés par Renault. M. Ghosn devrait revoir à la hausse ses ambitions et révéler, en février, lors de la présentation des résultats du groupe, un nouvel objectif de ventes du groupe pour 2009.

Nathalie Brafman
LE MONDE | 08.12.07 | 14h10 • Mis à jour le 08.12.07 | 14h10

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