mardi 22 janvier 2008

Le duo Poutine-Medvedev au pouvoir en Russie jusqu'en 2033

Vladimir Poutine et son dauphin Dmitri Medvedev pourraient alterner au Kremlin pendant un quart de siècle, estime le président de la chambre haute du parlement, un proche du président russe, dans une interview publiée lundi.

Sergueï Mironov pense que Poutine pourrait redevenir président après un mandat de Medvedev, effectuer deux mandats puis céder la place à nouveau au successeur qu'il a désigné.

Ni Poutine ni Medvedev n'ont eux-mêmes laissé entendre qu'ils comptaient exercer le pouvoir à aussi long terme mais le fait même que Mironov évoque cette hypothèse donne à penser que les dirigeants actuels de la Russie, confiants, ont l'intention de rester en place un certain temps.

"Je vais regarder loin dans l'avenir", a déclaré Mironov au Moskovski Komsomolets. "Il pourrait y avoir différents scénarios. Vladimir Vladimirovitch (Poutine) pourrait revenir en 2012 (en tant que président).

"Je crois que d'ici là nous allons allonger la durée du mandat du chef de l'Etat de cinq à sept ans. S'il est de sept ans et que Vladimir Poutine est élu pour deux mandats consécutifs, il dirigera le pays pendant 14 ans, c'est-à-dire de 2012 à 2026.

"Et en 2026, il se pourrait que Dmitri Anatolievitch (Medvedev) revienne une fois de plus au poste de président", a dit Mironov, cité par le journal. "Si Medvedev n'effectue qu'un septennat à partir de 2026, il sera en poste jusqu'en 2033."

La constitution russe empêche un président d'effectuer plus de deux mandats consécutifs mais il peut très bien revenir à ce poste après s'en être éloigné.

KASSIANOV POURRAIT ÊTRE DISQUALIFIÉ

Poutine, 55 ans, doit quitter ses fonctions en mai, à la fin de son second mandat présidentiel. Il soutient la candidature de Medvedev, un vice-Premier ministre qui travaille à ses côtés depuis les années 1990, à la présidentielle du 2 mars.

La candidature de Medvedev à ce scrutin a été officiellement enregistrée par la commission électorale centrale, a-t-on appris auprès de sources proches de la commission.

En revanche, l'ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov, adversaire de Poutine, pourrait ne pas être autorisé à concourir en raison d'un problème avec la pétition présentée à l'appui de sa candidature.

Kassianov a soumis deux millions de signatures d'électeurs, passage obligé pour les candidats indépendants. Des responsables de la commission électorale s'interrogent sur l'authenticité de certaines d'entre elles.

"Il y a des problèmes avec les pétitions de soutien à Mikhaïl Kassianov dans certaines régions", a déclaré un membre de la commission, Nikolaï Konkine, cité par l'agence RIA.

Une décision définitive sur la candidature de Kassianov devrait être prise le 27 janvier. Les lois électorales stipulent qu'un candidat doit être disqualifié si plus de 5% de ses signatures sont rejetées.

Des responsables ont compté à ce jour 200.000 des signatures de Kassianov, et parmi elles 15.000 - soit 7,5% - ont été rejetées, croit savoir le quotidien d'affaires Vedomosti, citant une source proche de la commission électorale.

La plupart des commentateurs s'accordent à penser que la victoire de Medvedev, 42 ans, est acquise, du fait du soutien de Poutine. Ses adversaires sont très mal placés dans les sondages.

Poutine s'est dit prêt à servir en tant que Premier ministre sous une présidence Medvedev et n'exclut pas un retour à la tête de l'Etat en 2012.

La puissance du Kremlin s'appuie en grande partie sur une croissance économique alimentée par les cours élevés du pétrole et du gaz, principales exportations du pays.

Les détracteurs de Poutine l'accusent d'avoir consolidé son pouvoir en truquant les élections et en utilisant son emprise sur l'administration et les principaux médias pour réduire à néant les chances de l'opposition.

Version française Natacha Crnjanski

16h12 | 21/01/2008 - © Reuters
Le Point.fr
http://www.lepoint.fr/content/monde/article?id=219706

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