mardi 13 mai 2008

Un clip donne un peu de chair à Medvedev

Elle regarde Dmitri Medvedev à la télévision et commence à se tortiller : «C’est cool comme tu travailles en duo avec Poutine / Je rêve de toi la nuit / Je veux faire des enfants avec toi», chante la jeune femme, bombant un tee-shirt bien rempli. A peine investi nouveau président de Russie, c’est au tour de Dmitri Medvedev de devenir sex-symbol, par la magie d’un clip. Dans cette vidéo, Medvedev apparaît pourtant fidèle à lui-même, avec son costume et ses discours gris souris, qui d’ordinaire garantissent plutôt l’endormissement. Mais sa mine de brave fonctionnaire semble mettre en joie la brunette qui se trémousse et chante : «Je n’ai jamais désiré personne autant que toi.»

«Obama girl». Posté depuis quelques jours sur le site du quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda, qui prend toujours garde de ne pas froisser le Kremlin, le clip est anonyme, mais pourrait bien émaner des propagandistes gravitant autour du pouvoir. En 2002, ceux-ci avaient déjà réussi à donner un peu de chair à Vladimir Poutine, par des techniques similaires. A l’époque, c’était un duo de jeunes filles qui entonnait : «Je veux un mec comme Poutine / Fort comme Poutine / Qui ne boive pas, ne m’insulte pas / Qui comme Poutine ne s’enfuit pas.» Cette fois, les miracles de la mondialisation ont permis de reprendre en Russie un clip déjà tourné aux Etats-Unis, à la gloire de Barack Obama, la brunette aux tee-shirts trop serrés se voulant à l’origine plutôt excitée par le grand Noir candidat à l’investiture démocrate. Les images du clip d’Obama girl ont été purement et simplement détournées, les «Obama» troqués pour des «Medvedev» sur les maillots de la belle et la bande-son remplacée par une chanson en russe.

«Le clip n’est vraiment pas bon, mais je ne serais pas étonnée de voir Dmitri Medvedev occuper bientôt la première place parmi les hommes les plus sexy de Russie, ironise Natacha Archavskaïa, productrice de cinéma. La seule chose vraiment sexy dans notre pays étant le pouvoir, ou l’argent.»

«Nano-président». Le nouveau chef de l’Etat n’a pas encore le «charisme sexuel» de Vladimir Poutine, décrypte le psychanalyste Boris Novoderjkine : «Medvedev est jeune, petit de taille, avec une tête disproportionnée sur un petit corps, on le surnomme déjà le "nano-président", s’amuse ce thérapeute. Mais à son arrivée au pouvoir, après Eltsine, le moujik qu’on imaginait bien dans le rôle du violeur des campagnes, Poutine avait dû lui aussi montrer ses attributs. Medvedev n’est pas totalement dépourvu de virilité, il faut lui laisser le temps de développer son charisme sexuel, une érection ne vient pas tout de suite.»

Libération

De notre correspondante à Moscou LORRAINE MILLOT
QUOTIDIEN : mardi 13 mai 2008
http://www.liberation.fr/actualite/monde/326012.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450

vendredi 9 mai 2008

EXAMEN FINAL

L'examen final (test "Ментор" et sujet tiré au sort) aura lieu le vendredi 23 mai.
L'heure précise n'a pas été encore communiquée mais sera prochainement affichée.

La Russie ressort ses tanks pour défiler à Moscou

Les rues tremblent, les maisons se fissurent… mais la grande Russie est de retour ! Tanks, blindés, lance-missiles, bombardiers, chasseurs et hélicoptères feront leur grand come-back ce vendredi 9 mai, au centre de Moscou, pour une parade commémorative de la victoire de 1945. Depuis 1990, la Russie avait renoncé à ce déploiement d’armes au centre de la capitale, symbolique de la guerre froide. Au moment où il quitte le Kremlin, Vladimir Poutine a décidé de rétablir cette tradition, pour «démontrer notre potentiel croissant en matière de défense», a-t-il expliqué. En Russie même, ce grand étalage de quincaillerie, qui a déjà demandé trois répétitions générales, est loin d’être unanimement apprécié. Les riverains du défilé se plaignent de fissures apparues sur leurs maisons, on s’inquiète pour les nouvelles galeries commerciales souterraines, et la mairie de Moscou prétend qu’il lui faudra 1,4 milliard de roubles (38 millions d’euros) pour réparer les chaussées après le passage des tanks. Le plus féroce commentaire est pourtant venu de Washington, où le porte-parole du Pentagone, Geoff Morell, s’est permis d’ironiser sur l’âge des armements présentés : «S’ils veulent sortir leurs vieux équipements, les faire tourner et les regarder, ils sont plus que bienvenus pour le faire.»

Liberation.fr

Vladimir Poutine, premier ministre investi jeudi par la Douma, a vanté les forces stratégiques à la veille du défilé militaire de la Victoire.

» La fausse sortie de Vladimir Poutine

La russie montre ses muscles. Pour la première fois depuis la disparition de l'Union soviétique et la fin de la guerre froide, les missiles nucléaires font leur retour sur la place Rouge, vendredi, pour la grande parade de la Victoire.

Staline avait choisi le 9 mai, et non le 8 comme le reste des Alliés, pour célébrer la fin de ce que les Russes appellent encore «la grande guerre patriotique» et rendre hommage à leurs 32 millions de morts.

Le clou du défilé motorisé et aérien, présidé par le nouveau chef de l'État Dmitri Medvedev, flanqué de son premier ministre Vladimir Poutine, sera le missile Topol. Vecteur dernier cri de la dissuasion nucléaire russe, le Topol-M (alias SS 27) est un monstre de 97 tonnes et 22 mètres de long capable d'emporter des têtes nucléaires à 11 000 km. C'est-à-dire d'atteindre n'importe quel point des États-Unis. La fusée intercontinentale, montée sur camion, n'a pas la vulnérabilité d'un missile immobilisé dans son silo.

Cette exhibition d'armements lourds intervient alors que la tension entre la Russie et la Géorgie est à son comble, des responsables des deux pays ayant déclaré être «proches de la guerre». Le ministère russe de la Défense a annoncé hier qu'il pourrait envoyer de nouveaux renforts en Abkhazie, la région séparatiste de Géorgie que Moscou soutient. Les autorités abkhazes ont, elles, annoncé avoir abattu jeudi un autre drone géorgien, information aussitôt démentie à Tbilissi.

La Russie ne «menace personne», assurait pourtant en début de semaine Vladimir Poutine, encore président. Le défilé du 9 mai «est une démonstration de notre potentiel croissant en matière de défense (…) Nous sommes en mesure de défendre notre peuple, notre État, nos richesses et nous n'en manquons pas.» Moscou récuse l'image d'une puissance repliée sur elle-même. En témoigne l'approbation, signée hier, des sanctions contre l'Iran qui avaient été votées par les Nations unies au mois de mars.

Remilitarisation des relations internationales

Investi jeudi comme chef du gouvernement par la Douma, Vladimir Poutine n'entend pas faire profil bas sur les sujets militaires. Seuls les députés communistes n'ont pas voté pour l'ex-président qui a été confirmé par 392 voix contre 56. Le parti nationaliste de Vladimir Jirinovski, parfois qualifié d'opposition, a soutenu Vladimir Poutine. Le nouveau chef du gouvernement russe a prononcé un discours de politique générale, fermement campé sur un pupitre, tandis que, derrière lui, le chef de l'État l'écoutait en silence comme un élève sage. Le premier ministre a souligné l'importance des forces stratégiques «piliers de la sécurité nationale».

«Les Russes ont compris qu'on ne compte que si l'on se fait respecter, commente Isabelle Facon, spécialiste de la défense russe à la Fondation pour la recherche stratégique. La puissance militaire est l'un des moyens de se faire respecter. Et Moscou répond à la remilitarisation des relations internationales imputable aux États-Unis. » Le défilé des Topol, qui fait suite à la reprise des patrouilles de bombardiers stratégiques, n'effacera pas à court terme les études et les signes négatifs sur l'état réel des forces armées russes. Comme par exemple le retour à l'envoyeur de quinze Mig par l'Algérie, en avril. Malgré l'augmentation du budget de la défense (+ 20 % en un an) et des ventes d'armes (7,5 milliards de dollars en 2007), l'encadrement de l'armée russe, surtout des forces conventionnelles, laisse à désirer.

Pendant que le premier ministre Poutine parlait jeudi de revaloriser les soldes des soldats forces stratégiques, le président Medvedev, chef suprême des armées, signait un oukase ordonnant la construction d'appartements d'ici à 2010 pour les vétérans mal logés. Lesquels auront alors, pour les plus jeunes d'entre eux, 80 ans. Un partage des rôles qui semble donner un avant-goût du nouveau tandem aux commandes de la Russie.

Le Figaro

De notre correspondant à Moscou, Fabrice Nodé-Langlois
08/05/2008 | Mise à jour : 21:53 |

http://www.lefigaro.fr/international/2008/05/09/01003-20080509ARTFIG00009-retour-des-fusees-nucleaires-sur-la-place-rouge.php


Photos & vidéo

http://englishrussia.com/?p=1904


jeudi 8 mai 2008

"Газпром" стал третьей по стоимости компанией мира

Российская газовая монополия "Газпром" превзошла по рыночной капитализации такие компании как China Mobile и General Electric и теперь занимает третью строчку в рейтинге самых дорогих публичных корпораций мира. Об этом сообщает агентство Blomberg.

К середине дня 8 мая акции "Газпрома", крупнейшего производителя газа в мире, выросли на 4,2 процента. Таким образом, общая капитализация компании составила 8,12 триллиона рублей (340 миллиардов долларов). China Mobile, крупнейший сотовый оператор мира, стоит на рынке 337,2 миллиарда долларов, а General Electric - 325 миллиардов долларов.

Первые две строчки в рейтинге компаний с самой большой капитализацией занимают нефтяные корпорации - американская ExxonMobil и китайская PetroChina. Их стоимость оценивается в 476 и 441 миллиард долларов соответственно.

Резкий рост акций "Газпрома" совпал по времени с официальным вступлением Дмитрия Медведева на должность президента России, а также с избранием Владимира Путина премьер-министром страны. Считается, что перестановки позволят "Газпрому" и дальше работать в тесном контакте с государством, ведь Дмитрий Медведев до мая 2008 года возглавлял совет директоров газовой монополии.

Капитализация "Газпрома" растет также и от высоких цен на энергоносители на мировом рынке. Компания, более 50 процентов которой принадлежит государству, занимается не только добычей и продажей газа, но и производством нефти. В 2005 году "Газпром" купил у Романа Абрамовича "Сибнефть". Позже компания была переименована в "Газпром нефть".

Lenta.ru - 08/05/08, http://www.lenta.ru/news/2008/05/08/gazprom/
the Bloomberg - 08/05/08, http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aZomK8T5CtUs&refer=home

mercredi 7 mai 2008

Medvedev, un président élevé dans l’ombre de Poutine

Il est plutôt lève-tard, émerge vers 8 heures du matin après six heures de sommeil, commence ses journées par des longueurs de piscine, puis surfe sur Internet pour «se réveiller». Il pratique aussi le yoga, aime le poisson et les desserts sucrés… Pour donner un peu corps au nouveau président russe, Dmitri Medvedev, qui doit être intronisé aujourd’hui en grande pompe dans ses nouvelles fonctions au Kremlin, ses conseillers ont dû distiller ce genre de détails à une presse bien en mal d’information. Car pour l’essentiel, le jeune Dmitri Medvedev, demeure encore et avant tout le terne et lisse «homme de Poutine», repéré, formé et promu par le président sortant. A 42 ans, il sera d’ailleurs l’un des plus jeunes chefs d’Etat au monde, avec le Congolais Joseph Kabila, le Géorgien Mikhaïl Saakachvili et le Togolais Faure Gnassingbé.

Postcommuniste. Après s’être longtemps distingué par ses gérontes, le Kremlin parachève un sérieux rajeunissement. Medvedev sera le premier président russe à avoir fait toute sa carrière dans la période postcommuniste : tandis que Poutine s’était façonné à l’école des services secrets soviétiques, Medvedev a fait ses griffes durant les folles années 90 en se lançant dans plusieurs affaires commerciales, étroitement liées au pouvoir.

Jeune, juriste, sportif et buveur de thé, Dmitri Medvedev, tel qu’on le connaît - du moins jusqu’à présent - se présente comme un décalque assez parfait de Vladimir Poutine. Embauché par ce dernier à la mairie de Saint-Pétersbourg dans les années 90, Medvedev a suivi son mentor à Moscou en 1999 pour faire ses classes dans l’administration présidentielle, avant d’être choisi par Poutine pour lui succéder. L’ancien président semble d’ailleurs vouloir continuer à jouer un rôle central, si ce n’est un tutorat, depuis son nouveau poste de Premier ministre qu’il doit occuper ce jeudi. «Medvedev est un petit homme ordinaire, du type de ceux qui n’attrapent jamais les étoiles, résume Marina Litvinovitch, aujourd’hui opposante résolue au régime, mais qui avait travaillé sous son égide, au sein de l’état-major de campagne de la première présidentielle de Poutine, en 1999. Aux côtés de cerveaux créatifs remarquables, «Medvedev s’y distinguait par son manque de personnalité», se souvient-elle. «Il était visible qu’il n’avait guère de qualités d’organisateur, il ne contrôlait rien et ne décidait pas grand-chose.»

Le député Sergueï Markov, proche du Kremlin, se montre aussi réservé : «Il est difficile de dire si Medvedev saura s’émanciper de Poutine, observe ce politologue. Medvedev est un homme moderne, très bien formé et ambitieux. Mais on ne l’a pas encore vu à l’épreuve des conflits.» En tout cas, Dmitri Medvedev ne sera certainement pas le «libéral» dont rêve volontiers l’Occident, prévient Sergueï Markov : «Medvedev n’est certainement pas un moteur de la libéralisation, il en est plutôt l’indicateur. C’est parce que Poutine a compris qu’il fallait une politique plus libérale, pour diversifier l’économie russe, qu’il a choisi Medvedev.» Le «libéralisme» de Medvedev n’est qu’un «mythe» soigneusement entretenu par ses propagandistes, prévient aussi le politologue Stanislav Belkovski, auteur d’un livre récent sur le personnage.

«Envergure». Le fait que le nouveau président soit un usager assidu d’Internet laisse plutôt présager d’une prochaine offensive pour mettre au pas les médias électroniques, prédit Stanislav Belkovski. Cet analyste invite en revanche à ne pas trop sous-estimer le nouvel élu : «A son arrivée au pouvoir, Poutine n’avait pas beaucoup d’envergure non plus, rappelle Stanislav Belkovski. Pour l’essentiel, Poutine n’a fait que représenter les besoins de la classe dirigeante qui avait besoin de lui pour étouffer la démocratie. Aujourd’hui, on a besoin de Medvedev pour achever la légalisation des revenus de l’élite russe en Occident… Au fond, Medvedev n’est donc pas très différent de Poutine» conclut aussi cet observateur.

LORRAINE MILLOT
Libération - mercredi 7 mai 2008
http://www.liberation.fr/actualite/monde/325055.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450

mardi 6 mai 2008

Tension diplomatique et militaire entre Moscou et Tbilissi au sujet de l'Abkhazie

Les incidents se multiplient entre la Géorgie et la Russie au sujet de l'Abkhazie, région séparatiste où Moscou pèse de tout son poids pour perturber les velléités d'émancipation de Tbilissi.
Les autorités abkhazes affirment que leurs forces armées ont abattu, dimanche 4 mai, deux drones de reconnaissance géorgiens. Le premier aurait survolé peu après 16 heures le district d'Otchamtchiri ; le second, peu avant 17 heures, celui de Gali. Lundi, les autorités de Soukhoumi, la "capitale" de l'Abkhazie, affirmaient que des morceaux de l'un des drones avaient été retrouvés. Dans un communiqué, le ministère russe des affaires étrangères a qualifié de "naturel" la destruction d'appareils au parcours "non autorisé".

Les autorités géorgiennes ont vigoureusement démenti cette information, affirmant que nul survol de ces zones n'avait eu lieu à cette date. "C'est de la désinformation, expliquait, lundi matin par téléphone, le premier vice-ministre de la défense, Batou Koutelia. Les Abkhazes ne disposent pas de moyens pour détruire des drones ou d'autres appareils aériens." Soulignant que les autorités abkhazes ne prennent aucune initiative sans l'aval de Moscou, M. Koutelia rejette les accusations russes, selon lesquelles Tbilissi préparerait une offensive militaire dans la région séparatiste. "Cela fait trois ans que les Russes disent qu'on prépare une offensive, mais il n'y a jamais rien eu dans la réalité, dit-il. A l'inverse, les seuls auteurs de provocations, ce sont eux !"

MILLE SOLDATS RUSSES EN PLUS

Les reconnaissances aériennes ne sont toutefois nullement écartées. Dans un communiqué, le ministère géorgien des affaires étrangères a affirmé que "les drones du ministère géorgien de l'intérieur ont survolé, survolent et vont survoler l'espace aérien souverain de la Géorgie".
Le 1er mai, Moscou a déployé un millier de soldats supplémentaires en Abkhazie, venant s'ajouter à un contingent de 2 000 hommes. Les autorités russes soulignent que ces effectifs restent dans le cadre strict prévu pour les "forces de maintien de la paix" auxquelles elle participe depuis les accords ayant mis fin au conflit abkhaze.
Les deux pays s'accusent mutuellement du regain de tension et de la préparation d'une offensive militaire. Le 18 mars et le 20 avril, les Abkhazes avaient déjà évoqué la destruction de drones géorgiens. Le 21 avril, la Géorgie avait accusé un Mig-29 russe d'avoir abattu l'un de ses drones, avant de regagner son espace aérien.
La Russie a renforcé ses liens économiques et politiques avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, l'autre région séparatiste de la Géorgie, sans aller toutefois jusqu'à reconnaître leur indépendance, en réponse à celle du Kosovo. La perspective d'une adhésion de la Géorgie à l'OTAN - dont le principe a été acquis sans date butoir lors du sommet de Bucarest, début avril - alimente la colère de Moscou.

Piotr Smolar
LE MONDE 05.05.08 14h54 • Mis à jour le 05.05.08 14h54

vendredi 2 mai 2008

Tensions en Géorgie : l'OTAN met en garde la Russie

Les bases militaires russes en Géorgie (2004).

La crise diplomatique entre la Géorgie et la Russie a pris une tournure militaire et les menaces ont fusé, mardi 29 avril, à la suite de l'augmentation du contingent russe sur les territoires de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. La Géorgie a accusé Moscou de préparer une "agression militaire de grande ampleur" et a menacé de bloquer l'adhésion de la Russie à l'OMC. L'OTAN et les Etats-Unis ont fait part de leur préoccupation après cette nouvelle escalade dans une crise ravivée successivement par l'annonce russe d'un renforcement de ses relations avec les provinces géorgiennes aux visées séparatistes, puis par la destruction d'un drone géorgien au-dessus de l'Abkhazie.

Pour expliquer sa décision, Moscou assure vouloir faire face à une "opération militaire" géorgienne dans ces deux provinces et assure que les mesures militaires, qui restent dans les limites de son mandat de force d'interposition conféré dans le cadre de la CEI, sont "destinées purement à éviter que les conflits gelés retournent dans une phase active". Selon les accords de cette organisation, qui regroupe plusieurs anciens satellites soviétiques, entre 2 000 et 3 000 soldats russes sont déployés dans la région en tant que force d'interposition.

"LA MENACE DU RECOURS À LA FORCE"

Tbilissi a démenti toute concentration de troupes et a accusé son voisin russe de vouloir "prendre de facto le contrôle du terrain". "Il est difficile de croire que ceci est fait dans le but de maintenir la paix", a ironisé le représentant spécial de la présidence géorgienne, David Bakradzé. "Vous pouvez me croire : aucun pas en avant vers une adhésion de la Russie à l'OMC ne sera fait tant que la Russie ne reviendra pas sur ses décisions", a par la suite menacé la diplomatie géorgienne, citée par l'agence russe Interfax.

Face au regain de tension dans la région, l'OTAN, Washington et l'Union européenne se sont dit inquiets et ont condamné la décision russe. Pour le porte-parole de l'Alliance atlantique, James Appathurai, elle "n'apaise pas les tensions, elle les augmente". "Les initiatives prises et la rhétorique concernant la menace du recours à la force ont augmenté les tensions. Les alliés sont unanimes dans leur soutien de l'intégrité territoriale de la Géorgie et ne reconnaîtront ni ne soutiendront les initiatives qui sapent cette souveraineté", a-t-il déclaré, tout en précisant que les services de l'OTAN n'ont, pour l'instant, pas été informés "de mouvements de troupes géorgiennes" ni de "mouvements de troupes russes".