samedi 29 septembre 2007

LE TEST ADN – ARME NOUVELLE DE L’UE DANS LA LUTTE CONTRE L’IMMIGRATION ILLEGALE

A la fin de la semaine dernière l’Assemblée Nationale ( chambre basse du parlement français) a approuvé à la majorité des voix 17 amendements , durcissant la législation française d’immigration, déjà une des moins libérales de l’UE. Un de ces amendements a soulevé une avalanche de critiques et l’indignation en France , mais aussi -dans une plus grande mesure-en Afrique, continent qui reste une source d’immigration clandestine en Europe. Il s’agit du test obligatoire d’ADN comme preuve de parenté lors de la réunification des familles d’immigrés, établies en France. Mais les autorités françaises ne sont pas les premières en Europe à imposer ce test. Cette pratique est depuis longtemps appliquée en Belgique, qui oblige les ressortissants de la République Démocratique du Congo à en faire de même. Le test est aussi employé dans 11 autres pays de l’Union. Mais la tentative de légaliser cette pratique en France a échoué, écrit notre observateur Alexei Grigoriev. La Commission des lois du Sénat a rejeté mercredi l’amendement par 24 voix contre 13. Le président des socialistes au Sénat Jean-Pierre Bell l’a commenté en ces termes : « La France doit correspondre au statut du pays respectueux des valeurs républicaines et défendant les droits de l’homme ». La rejet de l’amendement concernant le test d’ADN fut une surprise désagréable pour le parti gouvernement UMP, qui l’a proposé, et aussi pour le gouvernement et le chef de l’Etat, soucieux de durcir la lois sur l’immigration. D’autre part, cela montre que les projets du président Sarkozy en matière de politique sociale de l’emploi sont loin d’être partagés par tout le monde en France. Ayant rejeté l’amendement sur le test, le Sénat en a accepté 16 autres, dont la connaissance suffisante de la langue française, obligatoire pour les candidats à la réunification des familles. Il leur appartient également de démontrer leur loyauté envers les valeurs de la société française. Mais la condition principale est d’avoir suffisamment de moyens – 1.279 euros par mois et par candidat. Pour une famille de 6 personnes et plus, cette somme augmente davantage, ce qui n’est pas à la portée de tous les immigrants , notamment ceux de l’Afrique, dont la plupart – même s’ils ont du travail – exercent des emplois peu rémunérés. Les organisations des droits de l’homme ont également été indignées par une autre mesure, approuvée par l’Assemblée Nationale – l’introduction des quotas annuels sur l’immigration. Il est significatif que l’ancien ministre de l’Intérieur et actuel président de la République Nicolas Sarkozy insiste depuis longtemps sur les quotas et d’autres mesures drastiques limitant l’immigration. C’est à son initiative qu’a vu le jour un ministère nouveau — celui de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co- développement, appelé à restreindre l’immigration illégale et à contrôler avec la police les diasporas d’émigrés en France. Chaque pays est certainement souverain en ce qui concerne les méthodes du règlement des problèmes de l’immigration. Mais la France, ancienne métropole d’un immense empire colonial, dont la grande partie se trouvait en Afrique, assume une responsabilité particulière vis-à-vis de ses anciennes colonies, y compris dans la sphère humanitaire. Rappelons que soucieuse de faire renaître son économie après la Seconde guerre mondiale elle a ouvert toutes grandes les portes devant les immigrés, tout d’abord ceux du Maghreb, pour compenser la pénurie de main d’œuvre nationale. Des millions d’Africains de l’époque coloniale et post- coloniale ont été élevés sur les valeurs françaises, dont les symboles clé restent toujours les mots « Liberté, Egalité, Fraternité ». La mission assumée par le France sur le continent africain est si variée que Paris a mérité sous Jacques Chirac le titre honorifique de « capitale de l’Afrique ». Aujourd’hui, tout cela est dans le passé. Lors de ses visites au Sénégal, au Gabon, en Tunisie et en Algérie, le nouveau président français a invité les Africains à renoncer aux vieux mythes du paternalisme et leur a proposé de bâtir les rapports de coopération avec l’ancienne métropole sur les principes de partenariat pragmatique. Il était également question de la nécessité de conjuguer les efforts de l’UE et des pays africains pour combattre l’immigration illégale. Exposant les principes de la nouvelle politique africaine de la France, qu’il avait lui même initiée, le président Sarkozy a mis l’accent sur l’ainsi dite « immigration choisie », que ses critiques ont définie d’emblée comme « le pillage des cerveaux ». « Seuls 7% de l’immigration d’aujourd’hui représentent une immigration de travail. Comment s’intégrer en France si l’on n’a pas de travail ? Je souhaite porter le chiffre de l’immigration du travail à au moins un sur deux » , a déclaré Nicolas Sarkozy dans une récente interview aux chaînes TF-I et France-2. Les immigrants, munis de cartes « compétence et talent », seront les premiers candidats au travail en France. Il est clair, que même aux immigrants légalisés d’Afrique il sera difficile de subir la concurrence des ressortissants des pays d’Europe de l’est, devenus membres de l’UE. En outre, le gouvernement français s’est fixé pour but de rapatrier annuellement jusqu’à 25 mille clandestins, dont les ressortissants de l’Afrique seront la majorité absolue. Les mesures de limitation de l’immigration, approuvées par l’Assemblée Nationale, ont soulevé un tollé en France et sur le grand continent. Le président de la Ligue française des droits de l’homme Jean-Pierre Dubois a jugé les quotas « pas acceptables , car c’est une manière de traiter les étrangers non comme des personnes, mais comme des marchandises ». Amina Bouayach, président de l’Organisation marocaine des droits humains, a déclaré à l’AFP à Rabat que « ces mesures sont liberticides et violent le droit fondamental des individus à être libres ». Bref, les nouveaux amendements rigides à la loi sur l’immigration rendent la France démocratique encore moins accessible aux immigrants, dans lesquels ses autorités verront un fardeau pour la société et le budget d’Etat.
La Voix de la Russie
28.09.2007

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