dimanche 30 septembre 2007

Ukraine : pro-russes et pro-occidentaux au coude-à-coude

L’incertitude règne à Kiev au soir de législatives décisives. Les scores des deux camps adverses, celui du premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch et le «Bloc Timochenko» loyal au président pro-occidental Viktor Iouchtchenko semblent très serrés, selon les premiers sondages.

Qui a remporté les législatives ukrainiennes ? Dimanche soir, c’est encore impossible à déterminer. Un sondage sorti des urnes donne le parti pro-russe de Viktor Ianoukovitch, l’actuel premier ministre, légèrement en tête. Mais deux autres estiment à l’inverse que les «forces orange» loyales au président pro-occidental Viktor Iouchtchenko sont arrivées légèrement en tête avec 45,7% contre 44,9% pour leurs adversaires.
Cette élection est pourtant considérée comme décisive. Le président Iouchtchenko l’a répété dimanche : elle «doit mettre un point final au conflit» qui paralyse l’Ukraine depuis des mois. Le chef de l'Etat a ordonné la dissolution du Parlement et convoqué de nouvelles élections après des conflits incessants avec son rival, le Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch, à la tête du gouvernement depuis août 2006.
La mobilisation des ukrainiens a été relativement faible : 43% à 15h00 locales, selon des chiffres partiels de la Commission électorale centrale, soit un niveau comparable à celui des dernières législatives en mars 2006. Un minimum de 50% est nécessaire pour que le scrutin soit valide
Quelle coalition pour l’Ukraine ?
"Confiant", Ianoukovitch se fiait aux derniers sondages parus avant l’élection, qui plaçaient son parti des Régions entre 33 et 37% d’intentions de vote, loin devant les forces "orange", le bloc Ioulia Timochenko (17-23%) et la formation présidentielle Notre Ukraine-Autodéfense populaire (13%). Au vu des premiers sondages sortis des urnes, cet écart s’est resserré.
On s’achemine donc vraisemblablement vers une coalition gouvernementale, qui était attendue, aucune force ne semblant ten mesure d'obtenir seule la majorité des voix.
Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange, et le président Iouchtchenko, qui avait été porté au pouvoir par ce mouvement pacifique et démocratique fin 2004, se sont déjà engagés à s'associer en cas de victoire de leurs forces.
Reste à savoir si les deux alliés de la «révolution orange», que des conflits et des rivalités personnelles ont séparés, honoreront ce pacte. Plusieurs observateurs n’excluent en effet pas que Iouchtchenko préfère en fin de compte s’allier avec son adversaire pro-russe Ianoukovitch pour barrer la route à Ioulia Timochenko.
Dans tous les cas, un consensus existe entre les trois dirigeants, qui sont d'accord pour intégrer l'Union européenne et ménager les relations avec la Russie, dont l'Ukraine dépend fortement pour son approvisionnement en énergie. Le principal point de discorde est l'adhésion à l'Otan prônée par Viktor Iouchtchenko, et à laquelle s'oppose M. Ianoukovitch.

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