samedi 29 septembre 2007

L'impossible réforme de la CEI (RBC Daily)


MOSCOU, 28 septembre - RIA Novosti. La semaine prochaine, Douchanbé accueillera un nouveau sommet de la Communauté des Etats indépendants (CEI), consacré à la réforme de cette organisation. Toutefois, le format de la CEI a peu de chances de changer: la tension intérieure est telle que toute démarche imprudente peut le briser.
On sait que le sommet doit entériner la rotation annuelle des pays présidant la CEI. Le coordinateur chargé de veiller à l'application des décisions changera tous les ans, mais il n'y aura pas de sanctions, comme toujours. La seule décision contraignante pour les participants au sommet concerne l'ajustement des législations nationales sur les règles de l'OMC. Seize ans après la disparition de l'URSS, les pays de la CEI continuent de s'éloigner de la Russie et tendent vers des centres d'influence extérieurs.
Selon des experts, Alexandre Loukachenko et Mikhaïl Saakachvili ne manqueront pas de le rappeler à Vladimir Poutine. Ces derniers temps, une alliance bizarre s'est formée entre les présidents biélorusse et russe. M. Loukachenko a annoncé l'ouverture à Minsk de l'ambassade de Géorgie et l'échange de missions diplomatiques entre la Biélorussie et les pays du GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan et Moldavie). L'appartenance de la Biélorussie à l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC: Biélorussie, Russie, Kazakhstan, Kirghizie, Tadjikistan et Arménie) ne constitue pas un obstacle car elle ne lui donne pas de rabais pour le pétrole russe.
Au Tadjikistan on craint que les sous-traitants russes engagés dans la construction de la centrale de Rogoun ne modifient le bilan hydraulique du pays au profit de l'Ouzbékistan riche en gaz naturel. Avec Noursoultan Nazarbaïev, les choses ne sont pas simples non plus: le projet de gazoduc longeant le littoral caspien piétine sur fond d'intensification des travaux de construction du gazoduc transcaspien orienté vers l'Occident. La présence des leaders azerbaïdjanais et arménien est remise en question: ceux-ci préfèrent discuter du problème du Haut-Karabakh dans le cadre de l'OSCE. La Russie a, elle aussi, abandonné la CEI: début octobre, Douchanbé doit accueillir un forum de la Communauté économique eurasiatique (CEEA), dans lequel Moscou place beaucoup d'espoirs.
"La CEI revient à l'état où elle doit se trouver. Au lieu de pousser à l'intégration, elle se transforme en pôle de débat régional dont les résultats ne sont pas contraignants", a indiqué à RBC Daily le vice-directeur de l'Institut des pays de la CEI, Vladimir Jarikhine.
"La CEI s'est affirmée comme un club de présidents, et ne peut plus prétendre à grand-chose, ajoute Alexandre Skakov, chercheur à l'Institut russe des études stratégiques. Objectivement, les pays de la CEI sont trop différents."

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti ni avec celle du blog IEDG.

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