Des précautions ont été prises pour que tout se déroule conformément au plan conçu par le pouvoir. L'opposition - empêchée récemment de tenir son congrès à Moscou - est muselée. Le Parlement est une simple chambre d'enregistrement. L'opinion publique est apathique. Tout le système politique russe est verrouillé. Seule une petite poignée d'acteurs en a les clefs.
Ce groupe, une dizaine de personnes, issues pour la plupart, comme le chef de l'Etat, du KGB (l'ancienne police politique soviétique) ou de Saint-Petersbourg, entretient des liens d'affaires, de famille, de pouvoir ; tire les ficelles en politique et en économie. C'est ce que les Russes appellent "la corporation Poutine". Pas question pour l'élite en uniforme d'admettre un intrus au Kremlin. Derrière les hauts murs de la forteresse a commencé "le combat de bouledogues sous un tapis", comme disait Winston Churchill. Dans cette lutte sans merci, où se situe Viktor Zoubkov ? Successeur coopté ou homme de transition ?
Grand maître du jeu, Vladimir Poutine est le point d'équilibre de ce collectif. C'est lui qui donne le ton comme il l'a montré en tirant le joker Zoubkov de sa manche. L'important est que le processus de transfert du pouvoir soit étroitement contrôlé. Le "contrôle" est d'ailleurs le maître mot de son système. Contrôle des mouvements de population avec le retour du système soviétique contraignant de l'"enregistrement". Contrôle des régions avec la purge en cours chez les gouverneurs et les maires. Contrôle des ONG et des opposants poursuivis en justice pour "extrémisme".
Une telle obsession du contrôle ne peut qu'intriguer. A croire que la "verticale du pouvoir" mise en place par Vladimir Poutine depuis 2000 aurait ses faiblesses et que les boyards du Kremlin douteraient de leur légitimité.
LE MONDE | 15.09.07 | 13h28 • Mis à jour le 15.09.07 | 13h28
Article paru dans l'édition du 16.09.07.
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